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Le service de pharmacie est très important dans la lutte contre le Covid-19…
C’est un service stratégique transversal qui gère tous les besoins des services cliniques, mais également des services d’aide aux diagnostics. Et dans le cadre de cette épidémie, on centralise toute logistique destinée à la prise en charge des patients.

Avez-vous des difficultés particulières liées à certains produits en cette période ?
Oui, les moyens de protection font défaut. C’est vrai que l’Etat a fait beaucoup d’efforts en appuyant. L’hôpital a reçu une subvention assez conséquente pour faire face, mais la difficulté c’est qu’il y a une rupture quasi générale des moyens de protection sur le marché national, mais également international.
Par exemple, les masques de chirurgie qui sont nécessaires pour les personnels soignant qui sont au niveau des malades font défaut. Et les prix ont fortement flambé. Par exemple la boîte de 50 masques de chirurgie qui coûtait 1 500 francs Cfa avant l’épidémie, nous la trouvons autour maintenant de 22 mille francs Cfa. Cela a un peu baissé parce que jusqu’à une date récente, elle coûtait 30 mille francs Cfa. Et dans ces conditions, c’est intenable. On ne peut pas avoir un budget nous permettant de faire face à ces coûts qui ont fortement explosé.
C’est le gros problème que nous avons. Nous avons certes des ressources pour faire face à nos besoins, mais il y a des intrants qui ont pratiquement disparu du marché.

Qu’en est-il des gels hydro-alcooliques ?
Nous ne traitons pas le gel. On a été appuyé il y a six sept ans par l’Oms pour mettre sur pied une unité de fabrication du gel. On n’en faisait pas régulièrement, mais depuis le début de l’épidémie, l’hôpital de Fann prépare ses gels et approvisionne correctement des services. Donc à ce niveau, nous n’avons pas de soucis. Les besoins sont largement couverts.

Est-ce que vous avez, au niveau de la pharmacie, un stock suffisant ?
C’est la Pna qui nous approvisionne et le stock est automatiquement livré au centre de traitement. C’est l’équipe du Pr Seydi qui se charge de gérer l’hydroxy-chloroquine qui nous vient de la Pna. Ils en ont a priori. A ce jour, on n’a pas été confronté à une rupture. A chaque fois que la Pna a été sollicitée pour des besoins en hydroxy-chloroquine, on a été satisfait.

Cette crise a montré aussi bien pour le Sénégal que pour beaucoup de pays le besoin de pouvoir être autonome dans certains médicaments…
Le gros problème c’est que ce n’est pas spécifique au Sénégal, mais cela concerne tous les pays d’Afrique subsaharienne. On importe presque tous nos besoins. Le Sénégal importe 80% de ses besoins en médicaments. Il y a une production locale qui est très faible et je crois qu’elle a baissé d’autant plus que les usines qui étaient là ont fermé. Cette crise nous montre justement qu’il faut développer nos capacités locales pour produire au moins des médicaments basiques. La chloroquine n’est pas compliquée à faire, le paracétamol on peut également. Donc il y a beaucoup de produits pour lesquels, si l’Etat accompagne, il y a des bonnes volontés qui sont prêtes à investir et qui ont même des acquis. Si on les accompagne, elles pourront normalement faire face. Pour les intrants, les masques, on a vu avec la crise que les Sénégalais se débrouillent bien. Donc, ce ne sont pas des choses compliquées. On était resté dans la facilité consistant à importer, mais il y a plein de choses. Même pour certains équipements, hier on a vu des ingénieurs de l’Esp qui ont mis au point un respirateur qui pourra dépanner. Ce n’est pas certainement le top, mais c’est mieux que rien. Cela peut être amélioré, mais pour l’instant on n’a pas le choix. On peut se contenter de ce dispositif qui est basique, mais qui apparemment pourrait régler un certain nombre de problèmes de respiration des malades du Covid-19.

On peut donc dire qu’il y a un savoir-faire ?
Les compétences existent dans tous les domaines. La preuve, même pour la prise en charge, je touche du bois, le Sénégal était un exemple parce que les cas qu’on a sont bien gérés. Les cas graves on en a récupéré certains. D’autres nous les avons perdus parce que c’était des cas compliqués. Les cas graves gérables, l’équipe de réanimation de Fann les a bien gérés.

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