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Arbitrer la bataille pour sa succession risque de ne pas être une tâche facile pour le Président Macky Sall qui vient d’être réélu à la tête du pays. C’est du moins l’avis de Mamadou Diouf, Professeur d’histoire à l’Université de Colum­bia aux Etats-Unis.

Le Président Macky Sall, réélu pour un second mandat, n’a pas encore prêté serment que l’éventualité d’une bataille de succession au sein de sa formation politique est agitée. La survenue de cette lutte pour la succession du 4ème président de la République est évoquée par l’historien Mamadou Diouf, enseignant à l’Université de Columbia aux Etats-Unis. «A l’Apr va s’ouvrir la bataille pour la succession (du Président Macky Sall). Et cette bataille (…) explique probablement pourquoi certains gros transhumants ont transhumé. Certainement, ils cherchent une base politique pour la bataille pour la succession parce que le Président (Macky Sall) va faire son dernier mandat (et) va se trouver dans une position difficile pour arbitrer», a-t-il dit hier, lors de l’émission «Objec­tion» de la radio privée Sud Fm.
«La bataille de succession est une bataille à l’intérieur du parti au pouvoir dans laquelle le président (de la République) va être impliqué et ses engagements peuvent avoir des conséquences importantes. Mais aussi, il n’a plus le pouvoir qu’il avait», note Pr Mamadou Diouf. Qui fait comprendre encore : «On peut imaginer que les gens peuvent concevoir qu’il est en train de partir et que ses jours à la Présidence sont comptés. Donc, ils vont se préparer et ne vont pas nécessairement dévoiler leurs cartes. Et les élections locales seront les premiers moments où les supposés successeurs vont commencer à sortir.»
L’universitaire ne manque pas de se demander si «le Président Macky Sall va considérer que sa mission historique, c’est de se trouver un successeur». Sa réponse est que, poursuit-il, «s’il se lance dans cette campagne, il va bien sûr susciter des adversaires dans son propre camp». «Donc, c’est tout ça qui va faire (que) l’Apr va entrer dans une zone de tempête qui est liée au système politique sénégalais. Cette bataille (de succession) va effectivement s’engager», expli­que le Professeur d’histoire à l’Université de Columbia aux Etats-Unis.
«On va devenir un cas. On n’a jamais fait ça. Les gens ne s’en rendent pas compte. On n’a jamais eu un Président qui soit parti et qu’on soit obligé d’organiser des élections avec des candidats dont aucun n’est Président sortant», souligne Pr Diouf, au sujet de cette bataille de succession. Avant d’indique : «Il faut gérer la succession. Senghor avait géré sa succession en trouvant un article (l’article 35 de la Constitution d’alors) qui permettait à son Premier ministre (d’alors, Abdou Diouf) de devenir président de la République. C’est le seul cas de succession qu’on a eu. On était dans un système qui le permettait, parce qu’on avait encore une culture et un fonctionnement de parti unique. On ne l’a plus», tente d’expliquer l’universitaire.
mdiatta@lequotidien.sn

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