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L’agriculture conventionnelle pratiquée au Sénégal depuis des années, participe à la pollution des terres, des mers et nuit à la santé des populations, a indiqué, à Thiès, le Coor­donnateur de la Fédé­ration nationale pour l’agriculture biologique (Fenab), Ibrahima Seck.

«Nous voulons véritablement avoir une alternative à l’agriculture conventionnelle. Cette agriculture qui utilise abusivement des pesticides et des engrais chimiques de synthèse et des herbicides, qui nuit à la santé des populations. Egalement, qui participe de 12 à 30% des émissions de gaz à effet de serre et à la dégradation de la biodiversité végétale et animale.» L’opinion est du coordinateur de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab), Ibrahima Seck. C’était au cours d’une rencontre de partage du Plan stratégique national agriculture écologique biologique 2017-2037 avec les producteurs à Keur Matar Arame, dans la commune de Fandène. Pour le producteur, l’agriculture conventionnelle a fini de montrer toutes ses limites. «Cette agriculture pratiquée au Sénégal et dans certains pays d’Afrique contribue de manière considérable au changement climatique. C’est une agriculture qui a détruit les ressources naturelles de ce pays : sols, eaux, forêts, biomasse… Donc, c’est une agriculture destructive qu’il faut éradiquer. Cette forme d’agriculture a fini également de diminuer les populations d’abeilles et d’oiseaux dans notre pays.»
D’où la nécessité, selon Ibrahima Seck, de trouver une solution à cette problématique. Et d’après lui, la meilleure alternative serait de changer de forme d’agriculture en s’appuyant sur l’agriculture écologique biologique. «C’est l’alternative la plus crédible. Cette nouvelle forme d’agriculture est un système de productions agricoles, holistique et systémique permettant l’intégration de l’élevage, de la foresterie mais aussi des ressources halieutiques. C’est une agriculture durable qui permet la séquestration du carbone du sol (Co2) qui limite les gaz à effet de serre. C’est un puissant moyen de résilience, d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Nous voulons une agriculture sans pesticides, ni engrais chimiques. C’est pourquoi, nous nous rendons dans les zones agricoles pour faire comprendre aux producteurs qu’il est temps d’introduire des techniques modernes pour booster et améliorer leur productivité. Cette forme d’agriculture est possible. Mais, il faut qu’il y ait une volonté politique. Il n’y a pas encore», a indiqué le Coordonnateur national de la Fenab qui a ajouté, pour le dénoncer, «dans la vallée du fleuve Sénégal, c’est l’agriculture conventionnelle qui est pratiquée. Les producteurs font de la riziculture avec un système de monoculture. Cela n’est pas durable car ils y mettent des pesticides. On utilise beaucoup de pesticides et d’engrais chimiques avec toutes les conséquences que cela comporte. Nous voulons faire en sorte que la tyrannie du riz dans la vallée puisse cesser». Le producteur a sonné l’alarme pour souligner que si on ne fait pas attention, la production horticole dans les Niayes va disparaître.
Pour sa part, la Secrétaire générale de la Fenab, Mme Maguette Diop, a demandé à l’Etat du Sénégal d’intégrer l’agriculture écologique biologique dans sa politique agricole s’il veut atteindre son programme d’autosuffisance en riz. Selon elle, «l’agriculture écologique biologique est un projet de société et pourra contribuer à l’épanouissement des générations futures».
nfniang@lequotidien.sn

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