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Le Grand Théâtre a accueilli hier en avant-première mondiale, Yao, le film du réalisateur Français Philippe Godeau avec comme principaux acteurs, Omar Sy, dans le rôle de Seydou Tall (un acteur et écrivain), et Lionel Basse alias Yao, un jeune garçon de 13 ans qui veut à tout prix rencontrer l’auteur de son livre préféré.

Yao c’est l’histoire de Seydou Tall, un célèbre acteur et auteur français qui se rend dans son pays d’origine pour la première fois pour promouvoir son nouveau livre. Là, il rencontre Yao, un jeune garçon de 13 ans qui a fugué de son village et a parcouru 387 kilomètres pour rejoindre la capitale à la rencontre de son auteur préféré. Touché par cet enfant, l’acteur décide de le raccompagner jusque chez lui, quitte à rater son vol du lendemain. Mais sur les routes poussiéreuses et incertaines du Sénégal, Seydou comprend qu’en roulant vers le village d’origine de Yao Racine Tidiane Kane, il roule aussi vers ses racines, étant lui-même toucouleur et originaire de Thialaga, un village situé au Nord du pays.
Tourné au Sénégal entre février et avril, Yao, le long métrage de Philipe Godeau, donne à découvrir le Sénégal. C’est d’abord Sandaga que l’on découvre un vendredi à l’heure de la prière, ensuite la principale gare routière de Dakar, les Baux Maraîchers avec ses bus, ses clandos et tout le vacarme qui l’accompagne. A bord de leur taxi, Yao et Seydou Tall parcourent le Sénégal et en donnent une carte postale très colorée. Thiès la ville aux deux gares avec son bouillonnement à l’heure du passage du train, les paysages du Saloum, notamment Dioffior mais également une partie de la région de Saint-Louis. Dans leur road-movie, Yao et Seydou rencontrent du monde et ce dernier découvre la vie au Sénégal. Au marché, une séance de marchandage est vite interrompue par les cris de badauds dénonçant un voleur, ou encore sur la route, les agissements d’un agent de la circulation. Dans ce film, le réalisateur montre par ailleurs des lieux symboliques tels que le Musée des civilisations noirs, ou encore la résidence de l’ambassadeur de France de Dakar et fait intervenir différentes personnalités du monde de la culture et du monde diplomatique. Germaine Acogny, la maîtresse danseuse et chorégraphe, ancienne directrice de l’Ecole des sables à Toubab Dialaw, joue le rôle d’une grande mère Tanam, la chanteuse Malienne Fatoumata Diawara elle, interprète le rôle de Gloria, une jeune femme rencontrée au hasard, et le chanteur Alibeta devient un taximan. L’ambas­sadeur de la France au Sénégal, Son Excellence M. Christophe Bigot, joue son propre rôle dans le film aux côtés de comédiens sénégalais bien connus du théâtre populaire tels que Bella la thiessoise, Lama­rana Diallo, Ibrahima Mbaye Sopé.

Recherche d’identité
Tout au long du film, M. Godeau, tout comme l’acteur, s’emploie à démontrer l’importance des racines et la projection s’est faite dans une salle comble en présence de l’équipe du film, des acteurs et du public. Différentes personnalités, notam­ment le chanteur Youssou Ndour et des réalisateurs Sénégalais, avaient aussi fait le déplacement. Tout ce monde a diversement apprécié la séance. Le réalisateur Ousmane William Mbaye était pour sa part très surpris de voir que le comédien Omar Sy, qui d’habitude évolue dans des rôles beaucoup plus comiques, pouvait présenter une autre facette de sa personnalité et de son talent. «Ça m’a agréablement surpris intérieurement. Cela veut dire que le meilleur acteur français a plusieurs registres sur lesquels il peut travailler.» Pour le doyen des cinéastes, Ben Diogaye Bèye, ce serait superflu de parler du talent extraordinaire du comédien Omar Sy et du caractère merveilleux du jeune Yao, interprété par Lionel Basse. Et tout comme le réalisateur Ousmane William Mbaye, il apprécie le film de façon générale. «Je trouve que c’est un très, très jolie road movie», a-t-il dit. Et pour ce qui est de la réalisation, il se réjouit que Philipe Godeau ait pris le temps de montrer comment ça se passe dans les espaces sociologiques comme les marchés ou les espaces de vie. «C’était un peu relaxant. On avait besoin de ça. Mais il a quand même pris le temps de montrer comment ça se passe dans les espaces sociologiques comme les marchés, les espaces de vie», fait-il remarquer, emettant quelques réserves sur le public visé. «C’est beaucoup plus pour un public européen. J’habite ici, je connais déjà certaines choses», note le cinéaste.
Pour sa part, le comédien Ibrahima Sopé, qui a fait une figuration dans le film, se félicite d’y avoir participé. «Pour la première fois au Sénégal, un film a atteint 2000 figurants. C’était une figuration intelligente. Il fallait la réussir et on a réussi à faire ça. Et d’avoir contribué à ce que le film soit. C’est déjà une victoire. On se réjouit», a-t-il déclaré au terme de la projection. Chef costumière du film, Khadidiatou Sow, est tout aussi fière du travail fourni. «En regardant ce film, j’ai revécu les bons moments partagés pendant ce voyage. Ça en valait la peine, ce fut une belle expérience.» Après cette projection, la sortie en salle de Yao est prévue ce 23 janvier en France et le 25 janvier à Dakar.

Philipe Godeau, réalisateur du film Yao : «Pour nous, c’était une évidence de montrer le film en avant-première mondiale au Sénégal»

«Je suis très heureux d’être là et de montrer le film en avant-première au Sénégal. Pour nous c’était une évidence. Quand on dit que le film a été principalement tourné au Sénégal, en vérité, il a été tourné un jour à Paris et deux mois et demi au Sénégal. Pourquoi ce film ? Quand j’étais adolescent, je venais voir mon père en Afrique. Et ces voyages m’ont fait ce que je suis aujourd’hui. Et j’avais envie, grâce au cinéma, d’essayer de transmettre ce que m’ont laissé ces voyages, les valeurs que ces voyages m’ont données… C’était des voyages qui m’ont énormément donné. J’ai essayé de mettre ça dans le film. Et pour transmettre ces valeurs, j’ai eu beaucoup de chance. Non seulement j’ai eu l’acteur numéro 1 français. Et c’est un homme exceptionnel qui a des valeurs proches des miennes. Comme je le dis dans le film : il n’y a pas de hasard. C’est Dieu qui se promène incognito. Ça nous a permis de rencontrer Lionel. On a vu 600 enfants au Sénégal. Lors des essais, on s’est retrouvé le premier jour avec 80 personnes. Ce n’est pas comme si j’avais hésité entre plusieurs. On a eu Lionel et c’était le premier de sa classe. Sur son dernier bulletin, il a 17/20 de moyenne.»

aly@lequotidien.sn

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