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Vivace et prêt à aller au combat, c’est l’impression que Khalifa Sall a dégagée à l’endroit de ses soutiens hier au Palais de justice.

Au premier jour du procès de Khalifa Sall et Cie, la salle 4 du Palais de justice a affiché hier un décor festif. 18h 50, le président du Tribunal correctionnel de Dakar, Malick Lamotte, s’apprête à ordonner la suspension de la séance. En ce moment-là, la voix pleine d’éloquence de Me Doudou Ndoye venait de s’éteindre. Le calme ouaté de la salle est bercé par quelques murmures d’extase chez les partisans du maire de Dakar. Le juge Lamotte tente de rétablir l’ordre sans succès. «Attendez, la séance n’est pas encore levée», intime-t-il, courtois. Mais dès qu’il siffle la fin de cette première journée du procès, le temple de Thémis rompt avec le silence décrété depuis l’arrivée des magistrats. Il y a juste 3 heures. Le regard enthousiaste, Khalifa Sall, tout de blanc vêtu et entouré des gardes pénitentiaires encagoulés, exhibe sa denture qui laisse un sourire transfigurant pour la foule.
Loin de ses collaborateurs dont Mbaye Touré qui affiche la moue, le député-maire de Dakar écarte les doigts au ciel en signe de victoire. Suffisant pour mettre ses soutiens en transe : «Dirigez, Khalifa ! Dirigez, Sénégal !» Jusque-là interdits, les téléphones portables sortent des poches pour immortaliser la scène. La communion n’est pas loin. Sous le regard attentionné de Babacar Gaye du Pds, Madiop Diop, maire de Grand Yoff, Aminata Diallo ou Cheikh Guèye. Pourtant, cette bonne mine chez les pro-Khalifa n’était pas gagnée d’avance. 9h du matin, les longues queues distribuait une atmosphère lénifiante dictée par la baisse de la température. Entre discussions sur l’issue du procès, certains s’en remettent fatalement au Créateur à l’aide de récits de versets du Coran, agrémentés d’égrènements de chapelet. Le procès a débuté, mais l’accès leur est refusé. Ils sont même éloignés à 100 mètres du grand portail par les Forces de l’ordre lourdement armées. D’autres, lassés de la longue et éprouvante attente, sont langoureusement vautrés à même le sol. Dans les rues serpentées de Rebeuss, les barricades imposent une attention particulière aux passants. La fouille ne faiblit pas. Le contrôle d’identité aussi. Au grand dam de la circulation qui, pour la circonstance, se retrouve entravée.
bgdiop@lequotidien.sn

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