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L’Espagne a décidé d’expulser les migrants qui continuent de s’abattre sur ses côtes vers la Mauritanie, en vertu d’un accord en matière d’immigration qui la lie à ce pays. Il est prévu des vagues d’expulsions à l’image des arrivées pour éviter un appel d’air. Hier, 22 Sénégalais ont été frappés par cette mesure.

C’est la fin d’un rêve après que les portes du supposé eldorado se sont brutalement refermées. Coincés dans les Îles Canaries, les migrants sénégalais entrevoient l’avenir avec moins d’enthousiasme après avoir touché presqu’au but : Le Quotidien a appris que 22 Sénégalais ont été expulsés hier vers la Mauritanie par les autorités espagnoles qui ont décidé de serrer la vis pour décourager les candidats à l’émigration clandestine. Ils seront acheminés au niveau du centre de rétention de Nouadhibou où s’entassent de nombreux mi­grants, perdus sur le chemin de l’Espagne ou interceptés par la marine mauritanienne. Avant d’être renvoyés au Sénégal.
Les autorités espagnoles ont décidé de durcir leur politique de gestion des flux migratoires pour limiter le nombre d’arrivées. Ces expulsions, qui vont évidemment se poursuivre, résultent de l’Accord en matière d’immigration signé en juillet 2003 par Madrid et Nouakchott. Il prévoit «le retour de tout ressortissant national ou de pays tiers entré de manière irrégulière sur le territoire de l’une des deux parties». En d’autres termes, cet accord permet aux autorités espagnoles de renvoyer vers la Mauritanie «non seulement les ressortissants mauritaniens entrés illégalement sur le territoire espagnol, mais également toute personne provenant d’un pays tiers et qui aurait pu transiter par la Mauritanie, avant de toucher le sol espagnol». L’on est dans ce cas de figure qui va balayer les illusions d’un autre ailleurs plus prospère de ces émigrants.
Aujourd’hui, l’Espagne a décidé de recourir à ces clauses pour essayer de décourager les émigrés clandestins qui ont décidé de rallier les côtes espagnoles à bord de pirogues. Aux îles Cana­ries, la situation serait devenue presqu’explosive avec ces vagues d’arrivées. Plus de 1 600 mi­grants africains sont arrivés ce week-end sur les côtes des îles espagnoles des Canaries. Face à ce rythme d’une ampleur inédite depuis plus d’une décennie, Bruxelles a annoncé vouloir procéder à davantage de «re­tours dans les pays d’origine et de transit» des migrants. Vendredi, la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Jo­hansson, en visite dans l’archipel espagnol, a annoncé, en compagnie du ministre espagnol de l’Intérieur, qu’il «est si important à présent d’augmenter les retours vers les pays d’origine et de transit». Et le processus est déjà enclenché et risque de traumatiser ces migrants, sous surveillance au niveau du camp d’Arguineguin sur l’île de Grande Canarie, qui est désormais fer­mé.
En plus d’avoir activé ces clauses de réadmission, l’Ue va amplifier les opérations con­jointes de surveillance de son espace maritime par l’Agence Frontex pour barrer «l’océan» à ces milliers de jeunes, attirés par le mirage de l’Europe.

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