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Les leaders de la coalition des alliés du Pds estiment que seul le retour au code consensuel, qui avait permis l’élection de l’actuel Président en 2012, est susceptible d’assurer une élection apaisée l’année prochaine. Ils demandent donc à Macky Sall de renoncer à son parrainage, jusqu’après la prochaine Présidentielle.

Les partis coalisés autour du Parti démocratique sénégalais (Pds) souhaitent le retour au code électoral de 2012, pour permettre au Sénégal d’aller de manière apaisée aux élections l’année prochaine. Dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion du lundi dernier, ils ont estimé que «les modifications intempestives et unilatérales du Code électoral, jadis consen­suel,  par le gouvernement, nous amènent inéluctablement vers une confrontation violente avant, pendant et après le jour du scrutin, ce qui serait un désastre pour notre pays et pour l’Afrique». Au nom de la Conférence des leaders du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr), le document a rappelé que «ce code électoral consensuel a régi les élections au Sénégal un quart de siècle, sans crise majeure».
Les leaders du Fpdr rappellent que c’est à la suite de la Présidentielle de 1988 qu’une médiation du Ndi, la Fondation du parti démocrate américain, avait permis l’élaboration du fameux code, sous la houlette du juge Kéba Mbaye.
Aujourd’hui, regrette leur document, «Macky Sall, dictateur maladroit, a modifié substantiellement et de manière unilatérale le code consensuel». Et pire, se désolent les camarades de Mamadou Diop Decroix, «dans son nouveau code, il institue, en particulier, le parrainage obligatoire pour tout candidat, par 65 000 électeurs figurant sur la liste électorale et, cela, sans aucune erreur sur le nom, le numéro de la Carte nationale d’identité, le numéro de la Carte d’électeur et la signature devant être conforme à celle qui figure sur la pièce d’identification». Le but de cette modification est évident, soulignent les leaders de l’opposition : «Ce système de parrainage, combiné à l’instrumentalisation de la justice, avec des juges constitutionnels aux ordres, doit lui permettre d’éliminer arbitrairement les concurrents qui menacent sa réélection et de se choisir ses concurrents. Ainsi, il évite des candidats susceptibles  de le battre, dans le cadre d’une compétition loyale et ouverte, lors de l’élection présidentielle du 24 février 2019».
Si Macky Sall tient à la paix et revient au Code électoral consensuel de 1992, le communiqué du Fpdr assure que, après cela, «il sera par la suite possible de procéder à une revue dudit code au-delà de l’élection présidentielle de l’année prochaine, dans des conditions à déterminer mais surtout dans un climat apaisé». Car le danger aujourd’hui est que, alors que les opposants n’ont encore aucune idée de la manière dont les parrainages devraient se faire, ils disent que le parti présidentiel a pris de l’avance sur eux : «Son parti, l’Apr, a démarré sa campagne autour de la collecte des parrains alors que le ministre de l’Intérieur ne nous fournit pas les modèles officiels devant servir à cette opération.
De même, le ministre de l’Intérieur refuse de donner suite à nos demandes d’accès au fichier électoral en vertu du droit de regard  et de contrôle que la loi nous reconnaît.»

mgueye@lequotidien.sn

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