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Du 22 au 28 novembre, Dakar aura des paillettes plein les yeux. C’est en tout cas ce à quoi les organisateurs des Recidak faisaient rêver avant-hier, à l’issue de leur conférence de presse de présentation du programme de ces rencontres. La 10e édition des Recidak propose en effet, durant 7 jours, une sélection de près d’une cinquantaine de films de fiction, d’animation, de documentaires, de longs et courts métrages. Et à côté de ces films dont les titres n’ont pas été dévoilés, il y aura un colloque international, des rencontres professionnelles, un salon du film, des ateliers d’initiation aux techniques cinématographiques, des expositions, une animation culturelle et artistique multiforme. Il s’agit là, pour le comité d’organisation, de renouer avec la vocation première des Recidak, à savoir favoriser l’amitié, la coopération et la diversité culturelle à travers les réflexions et les échanges qui se feront entre les professionnels du cinéma et les décideurs africains et des autres continents, et de mettre en œuvre des actions de promotion, de circulation et de vente des films sénégalais.
Tout en restant ouvertes aux autres, les Recidak se fixent ainsi pour objectif d’assurer une présence du cinéma sénégalais et africain sur l’échiquier international. Donc dans la palette des 50 films choisis, 25 sont sénégalais, selon le comité d’organisation. «C’est nous qui sommes à l’honneur. Personne n’est exclu. Je m’adresse à nos cinéastes, nos professionnels. Nous n’organisons pas les Recidak pour les étrangers. C’est d’abord pour nous. Ce n’est pas une affaire de la direction de la Cinématographie. C’est pour que les étrangers qui viennent puissent voir le dynamisme du cinéma sénégalais», a insisté Hugues Diaz, directeur de la Cinématographie, par ailleurs coordinateur du comité d’organisation des Recidak.
Pour Baba Diop, également membre de ce comité d’organisation, les Recidak seront surtout un rendez-vous des cinémas du monde. Outre les films sénégalais, il indique qu’il y aura une large revue de la cinématographie mondiale. «Nous ne voulions pas faire une rencontre de cinéma entre Sénégalais, ni entre Africains tout simplement. Des films nous viendront du Maroc, d’Afrique du sud, du Bénin, d’Angola, du Cameroun, du Mozambique, de Palestine, du Canada, de Belgique, de France, ou du Brésil… le spectre est assez large.»
Revenant sur l’organisation des Recidak, M. Diaz a soutenu que le plus grand défi est de «réussir, de bien réussir». Et l’autre qu’il s’est fixé est de faire en sorte que «nos» cinéastes changent leur perception du cinéma. Pour lui, «il y a bien des choses à changer dans la mentalité de nos cinéastes, surtout ceux d’Afrique francophone. Nous avons un grand retard dans les aspects liés au business. Le cinéma est un secteur de développement. Un secteur à forts potentialités», révèle-t-il.
Le thème proposé cette année, à savoir «Cinéma et développement», sera certainement l’occasion de poser le débat et de prouver que le cinéma peut booster la promotion de la destination Sénégal. Dès lors, pourquoi ne pas définir des stratégies innovantes pour positionner le cinéma parmi les secteurs qui peuvent apporter de la croissance ? Pour sa part, Hugues Diaz estime qu’il est devenu urgent d’activer le levier développement du secteur cinéma. «Ça nous tient à cœur», lance-t-il. En attendant de voir ce vœu se réaliser, le président du comité d’organisation, Maguèye Kassé, s’est réjoui de savoir qu’au-delà des activités qui se tiendront sur les sites officiels, d’autres endroits comme les centres Maurice Guèye de Rufisque, Fodé Dossouba de Pikine et des écoles abriteront des manifestations. L’occasion de montrer que l’art n’est pas seulement réservé aux nantis et d’insuffler aux tout-petits une fibre de cinéma.
aly@lequotidien.sn

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