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«Ce qui trouble les hommes ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils portent sur les choses», Épictète.
Depuis la mise en place d’un nouveau gouvernement, quel­ques mines sont défaites, au sein des partis membres de la coalition Benno bokk yaakaar au pouvoir. Certes la contestation a été moins virulente qu’à l’occasion des investitures pour les élections législatives, mais le constat est là.
Tout le monde est «ministrable ou députable» et celui qui n’est pas nommé ou désigné sur la liste se dit victime d’un oubli, d’une injustice ou à la limite d’un ostracisme de la part du décideur. Ceux qui quittent le gouvernement «auraient été limogés». Certains, en chœur avec leurs partisans ou en solo, ont hurlé de colère, refusant l’enterrement de leurs défunts espoirs ou salaires, avantages et autre standing.
Le Parti socialiste n’a pas dérogé à la règle. Les deux responsables qui se sont exprimés dans la presse récemment sont convaincus que le Parti socialiste mérite beaucoup plus que deux ministres et 15 députés, pour avoir grandement contribué au renforcement et à la crédibilisation de la coalition. Ils estiment également que le Parti socialiste a joué un rôle majeur dans la victoire de la coalition Benno bokk yaakaar aux élections législatives qui ont provoqué le remaniement ministériel et celles qui les ont précédées. Est-ce là du regret ? Oh que non. De l’amertume ? Pas davantage, encore moins un manque de lucidité, mais plutôt l’expression d’un besoin de reconnaissance et de solidarité, de la part de ceux avec qui nous avons mené des combats épiques, mais victorieux pour lesquels, le parti socialiste a pris des risques et subi des attaques, en attendant de rendre compte solidairement de l’action gouvernementale le moment venu. C’est humain, d’autant que, dans le cadre des majorités qu’il a dirigées, le Parti socialiste, avec générosité, a toujours réservé une large place à ses alliés.
C’est humain, je l’avoue, mais ça l’est simplement et n’est nullement politique car, ce qui trouble les uns et les autres, c’est l’opinion qu’ils se font des actes posés par le chef de l’Etat. La mienne est autre et se fonde sur la déclaration du Secrétaire général du Parti socialiste, dans sa communication au Comité central de juillet 2014. Le président Ousmane Tanor Dieng, sous les applaudissements nourris d’un public debout, a affirmé, je le cite : «Le Président Maky Sall vient de me dire que la déclaration de son conseiller exigeant un soutien du parti socialiste à sa candidature à la prochaine élection présidentielle ne l’engage pas, et qu’il tient à notre compagnonnage.» Le Secrétaire général ajoutera : «Si on crée un parti, c’est pour conquérir le pouvoir. Si nous voulons le pouvoir, nous devons travailler pour le conquérir…»
Le message est clair : le président de la République n’exige aucun sacrifice de notre part dans son compagnonnage avec le Parti socialiste, dont l’objectif est moins d’acquérir plus de portefeuilles ministériels que de conquérir et d’exercer le pouvoir lui-même. En retour, nous pouvons, mais ne devons rien exiger de lui, pour ce même compagnonnage.
Entre 2012, année de la seconde alternance et 2016, le président Ousmane Tanor Dieng n’a pas occupé de fonction, dans l’appareil d’Etat. Il ne s’en est pas plaint pour autant, comme il ne se plaint pas d’avoir été nommé à la tête de la prestigieuse institution qu’est le Hcct, pour une durée d’un an également.
Mieux, dans son parcours politique, des années 80 à nos jours, il n’a jamais rien demandé et a toujours été sollicité, pour sa compétence. A l’image du Président John F Kennedy, il nous invite ainsi, à travers cette posture, à nous demander ce que nous pouvons faire pour notre pays, notre parti et non ce que le pays ou le parti peut faire pour nous.
Aussi, le Secrétaire général invite les responsables, de la base au sommet, à encadrer, à former les militants et à animer le parti, afin de le rendre plus attractif et créer les conditions d’une reconquête du pouvoir
Le Secrétaire général du Parti socialiste est un homme d’Etat, lucide et cohérent dans sa démarche et ne fera jamais une comptabilité arithmétique des postes et fonctions occupés dans l’appareil d’Etat. Un ou deux ministères de plus importent moins que la qualité des hommes et des femmes qui nous représentent au gouvernement et à l’Assemblée nationale ou les valeurs qu’ils incarnent. Le parti socialiste a contribué à la réalisation de la seconde alternance, au renforcement de la démocratie et de l’Etat dont il laisse, à son chef élu, la latitude de désigner les membres du gouvernement.
C’est le lieu de féliciter les ministres socialistes reconduits dans le gouvernement, pour le travail accompli jusque-là et qui démontre, s’il en était encore besoin, la capacité de proposition du Parti socialiste qui dispose, en son sein et à foison, des hommes et des femmes d’Etat émérites. Il s’agit, par exemple, du ministre Serigne Mbaye Thiam qui a su assainir le milieu, en mettant un terme au concours de recrutement d’enseignants qui semblait privilégier l’embauche des plus offrants, au détriment des plus méritants. Au-delà du courage, c’est le sens des responsabilités qui est magnifié à travers cet acte. Il a également prôné le retour à l’orthodoxie, à travers le concept : «Ubi tey diang tey», du bon vieux temps et apaisé le climat social, en instaurant un dialogue sincère et permanent, avec les organisations syndicales ; sans compter la modernisation du système éducatif, bien déclinée dans le Paqeeb, un projet qui, à terme, donnera un système scolaire de qualité, adapté aux besoins et aux valeurs du pays.
Je félicite les députés socialistes de la 13ème législature, et leur souhaite plein succès. Je suis persuadé que ces hommes et ces femmes, imprégnés des valeurs du socialisme, rempliront leur mission, dans l’intérêt du pays et se donneront les moyens de contrôler l’action du gouvernement. Ils iront également à la rencontre des populations, s’enquérir de leurs doléances et contribueront à la satisfaction des préoccupations majeures du Peuple sénégalais.
Je présente mes condoléances à la famille du président Djibo Leyti Ka, à toute la classe politique sénégalaise, particulièrement aux militants de l’Urd qu’il a créée et du Parti socialiste dont il est un pur produit. Son rappel à Dieu, le jour de l’installation de la 13ème législature, coïncidant également avec la célébration de l’anniversaire de la disparition de notre regretté Dabakh Malick, me semble être un message fort : «Les hommes passent, les institutions demeurent.»
Ibra FALLSecrétaire général 22ème coordination B
Chargé de la Communication deL’Union départementale
du Ps de Pikine

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