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Le jeune chanteur guinéen Souleymane Bangoura, plus connu sous le nom de Soul Bang’s, était ce mardi à l’hôtel Djoloff pour présenter son dernier album. Intitulé «Yelenna» (sourie-moi en soussou) et sorti en janvier dernier, cet album qui a été enregistré au studio Sony d’Abidjan est composé de 13 titres. L’artiste y magnifie la femme en commençant par sa mère (N’na Lé), y parle d’amour et marque son attachement à la culture et aux sonorités mandingues.

Dans Yelenna, le troisième album du prix Découvertes Rfi 2017, les thèmes de la femme et de l’amour sont pratiquement omniprésents. Sur les 13 titres qui composent cet album, 9 touchent à la thématique de la femme ou de l’amour ou y sont afférents. Devant la presse ce mardi, Soul Bang’s a expliqué pourquoi en convoquant le titre de l’album Yelenna, un terme soussou qui, si l’on se réfère à ses propos, veut dire «réponds-moi», «console-moi». «Dans le monde d’aujourd’hui, je pense qu’on a besoin de cela. On a besoin de ce sourire, de cet amour. Et en tant qu’artiste, c’est le moment de faire valoir cela et de faire comprendre au monde entier, à nos communautés, autour de nous, à nos pays en Afrique, que nous avons besoin de cet amour, de ce sourire pour pouvoir continuer à vivre ensemble pour développer nos pays et l’Afrique.»
Le thème de l’amour est ainsi abordé dans ce titre éponyme et d’autres titres dans l’album tels que Singue love (l’amour à l’adolescente), I want u (Je te veux) qui traduit les pensées d’un jeune homme qui rencontre une fille sexy, Pesa nga chance (donne-moi une chance en lingala) dont le refrain «si tu m’aimes, tu verras des merveilles que tu n’as jamais vues» est si parlant.
Outre cela, l’artiste rend également hommage à la femme. La femme qui, dans le titre N’na le, prend le visage d’une mère tant aimée et tant adulée. «Ce titre est dédié à la maman de Soul Bang’s. A travers ces paroles, il prie Dieu de lui accorder grâce, succès, longévité dans la santé et ainsi de rendre fière sa maman», confie-t-on. Par ailleurs, dans un autre morceau, le reflet d’une épouse qui donne sens à la vie. «Un sens à ma vie est un hommage et une ode à l’amour, en guise de remerciement et de reconnaissance envers ma femme.»
Entre cet univers d’amour, de femme et de sourire, Soul Bang’s plonge aussi dans les racines de la musique mandingue pour produire un album riche en sonorités, tout le contraire du style Rnb qu’il affectionne particulièrement. «Je suis un artiste qui sort du Rnb, mais un artiste qui a aussi carrément écouté du tout. J’ai aussi été influencé par des artistes comme Salif Keïta, Mory Kanté, Sékouba Bambino. C’est notre culture. C’est ce qu’on écoute», confie-t-il pour répondre aux mélomanes qui certainement noteront le son mandingue du célèbre guitariste Petit Condé, des virtuoses guinéens du balafon et du djembe Youssouf et Sékou Camara.
Au-delà de vouloir user de la musique pour s’attaquer au mur d’incompréhension qui s’oppose à la jeunesse guinéenne et de lui donner des raisons de croire à l’avenir, l’ambition de Soul Bang’s est aussi et surtout de servir de pont entre plusieurs cultures entre la Guinée son pays d’origine, la Côte d’ivoire où s’est fait l’enregistrement, le Congo et le Sénégal. Peut-être que c’est justement pour chanter le prochain morceau en Wolof ? Rien n’est encore joué. Ce qui est sûr, c’est que le jeune chanteur effleure l’idée de chanter dans toutes les langues africaines.
aly@lequotidien.sn

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