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Hervé Samb a présenté hier à la presse son tout nouvel album Téranga. Composé de 11 titres, cet album est un moyen pour ce jazzman, qui a longtemps évolué en France, de reconquérir ses racines, de marquer ses empreintes dans le pays qui l’a vu naitre mais également de rendre un hommage à deux grands noms de la musique sénégalaise décédés : Doudou Ndiaye Rose et Ndiouga Dieng à travers le concept Jazz-Sabar.

Hervé Samb vient tout fraichement de mettre sur le marché son 3e album. Intitulé Téranga, cet album est composé de 11 titres. Ce sont notamment Thiossane, My Romance, Sama Leer, Saaraba, Dem Dakar, The Da of wine et roses, Niouk, Giant Steps/Bëg Tekki, Bireum Yaasin Boubou, Denianke,… Un mélange d’anglais et de wolof qui renseigne sur la volonté du jazzman, qui a longtemps évolué hors de son pays, de renouer avec ses racines : le Sénégal. «Cet album est une porte qui s’ouvre pour moi dans la mesure où il me permet d’explorer mes origines avec un regard beaucoup plus profond sur comment fonctionne la musique de chez nous», dit-il. L’artiste, qui a quitté le Sénégal depuis 1998 pour aller étudier et apprendre la musique ailleurs, s’est en effet rendu compte, à force de travailler avec les «autres», des gens de cultures différentes, qu’il connaissait plus la musique des autres que celle qui lui est propre, celle qui vient de chez lui.
Avec Téranga, il effectue donc un voyage de retour et renoue avec ses racines. Il explique qu’il avait ce triple besoin. «J’avais envie quand je rentre chez moi, qu’on ne me prenne pas pour un musicien étranger. Je voulais aussi marquer mon empreinte, dire que je suis un enfant du pays. J’ai grandi ici et que les gens sachent ce que je suis en train de faire. Dans cet album je voulais aussi parler aux Sénégalais pour leur dire voilà ce que je fais, voilà ma contribution au niveau de la musique sénégalaise», explique Hervé Samb. Pour arriver à ses fins, l’artiste a invité plusieurs chanteurs et musiciens et promet avec son album Téranga de faire la différence. «Quand on écoute cet album et ceux qui l’on précédé, on sent vraiment la différence ! Dans Téranga, il y a ce noyau dur et fondamental de musiques typiquement sénégalaises», mentionne Samb qui cite entre autres : Alioune Seck, le percussionniste de Oumar Pène, le bassiste, Pathé Jassy, Abdoulaye Lô, le batteur de Youssou Ndour, et les chanteurs : Adiouza, Ndongo D, Faada Freddy (de Daara J), Souleymane Faye, Ndiouga Dieng,…ces musiciens qui forment ce noyau dur. Le but étant de s’adresser aux Sénégalais et de «décomplexer» le jazz, Hervé Samb a donc pris dans le panel de la musique sénégalaise différentes personnalités. Et ce faisant, il a inventé un tout nouveau concept : le Jazz-Sabar, autrement dit un jazz typiquement sénégalais ou un jazz à la sénégalaise.

Un hommage avec du Jazz-Sabar
Son pari de construire une perle émotionnelle avec sa musique réussi, le musicien se confond dans un tourbillon d’hommages. Hommage à de grandes icônes de la musique sénégalaise à l’instar du percussionniste Doudou Ndiaye Rose et du chanteur Ndiouga Dieng, tous les deux décédés. «Doudou Ndiaye Rose est mon héros, c’est un héros national. C’est quelqu’un qui a beaucoup participé à la popularisation de notre musique, notre culture dans le monde entier. Il a aussi contribué à populariser un instrument qu’on ne trouve qu’au Sénégal : le Sabar. Il était important de lui rendre hommage tout comme Ndiouga Dieng avec qui j’ai eu la chance de collaborer juste avant qu’il ne nous quitte. Il a tenu à participer à l’album, malgré son état de santé faible. Il y a cru.» Pour cela, l’auteur de Téranga s’est fait un devoir de le rendre immortel sur cet album. A son avis, Ndiouga Dieng est aussi un grand griot, qui a défendu et porté la tradition sénégalaise très haut.
Pour le reste, Hervé Samb envisage faire un grand show ce 20 octobre à Sorano, histoire de présenter son album au grand public. Il soutient à ce propos que ce sera une expérience unique. «Ça va être un événement ! Il y aura beaucoup d’invités, l’idée c’est d’offrir aux Sénégalais une expérience unique.» Avant Sorano, il y a tout de même d’autres dates : Saint-Louis ce soir et Richard Toll le 14 octobre. «Je vais faire une tournée dans le pays, pour populariser ma musique», précise-t-il. C’est alors parti pour la Téranga tour !
aly@lequotidien.sn

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