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La présentation du roman «A l’orée du trépas» de Khalil Diallo a eu lieu mercredi dernier dans le cadre d’une rencontre, «Au cœur de la littérature», du Goethe institut. Khalil Diallo, né en Mauritanie, est un jeune Sénégalais passionné de littérature et qui se dit «amoureux du verbe et tailleur de mots». Il est aussi l’auteur du recueil de poèmes «Chœur à cœur», paru à l‘Harmattan Sénégal.​

Qu’est-ce qui pousse un jeune Africain subsaharien à devenir jihadiste ? Cette problématique a servi de prétexte à Khalil Diallo pour écrire son premier roman qui lui a été inspiré par sa rencontre avec un étudiant en médecine. Durant l’année scolaire 2013-2014, Khalil Diallo était à l’Ecole supérieure polytechnique de Dakar pour un stage dans une équipe de recherche en biochimie et produit alimentaire et il avait adopté un style de vie assez strict du point de vue religieux. Il s’était lié d’amitié avec un certains Seydou Gassama qui était étudiant à la Faculté de médecine. Tous deux parlaient le même langage. A la fin de son stage, Khalil est reparti dans une autre entreprise. Et un jour, Khalil a découvert que son ami est devenu jihadiste. Ainsi, le lecteur identifie rapidement Seydou à Ismaïla, le personnage principal. La colère, la fragilité, l’intolérance, la perdition (déracinement, être écartelé entre deux cultures différentes) ont poussé son personnage principal à rejoindre les rangs de «l’armée des ténèbres». Pour Khalil Diallo, la lutte contre le terrorisme ne doit pas simplement être armée, mais politique, culturelle et religieuse. Paradoxalement, l’auteur de A l’orée du trépas, un livre qui traite d’un sujet étroitement lié à la politique, ne se considère pas comme un écrivain politiquement engagé. Il se dit «amoureux du verbe et tailleur de mots». Khalil Diallo est plutôt un adepte de l’art pour l’art. Il écrit pour la forme. «Le romancier n’a pas à prendre position, il expose les faits», a-t-il affirmé devant le public. Ce qui a provoqué l’ouverture d’interminables débats sur le rôle de l’écrivain.
«La passion justifie des actes ignobles que rien ne saurait expliquer, que personne ne saurait comprendre, encore moins présager. L’amour, le sien, l’avait à présent conduit dans cette place peuplée d’un marché du Caire. Il s’était perdu par amour et à présent, ce sentiment l’avait conduit au point où il se sentait prêt, capable de détruire la terre entière et tout ce qu’elle portait en son nom», a-t-il écrit. Ce roman se présente comme un chant d’espérance, se servant de l’obscurantisme religieux, la mort, l’immigration, l’amour et la poésie afin de mettre en scène l’histoire, mais aussi et surtout la condition humaine. Khalil se dit révolté par la condition humaine et tout ce que cela entraîne. «C’est terrible !», s’exclame-t-il avant de poursuivre : «Ce qui est terrible dans cette condition-là, c’est qu’on nous amène à une terre qu’on nous apprend à chérir et à aimer et que pourtant on sait qu’on va quitter un jour ou l’autre. Et on apprend sur cette terre à aimer et à vivre avec des gens que nous ne connaissions pas, mais que l’on ne veut plus quitter et qu’on quittera pourtant un jour.» Vous l’aurez compris, l’auteur préféré de Khalil, c’est Albert Camus.
Stagiaire

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