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Après une longue absence, le rappeur Reskp refait surface avec son nouvel opus «Sarax». Lequel est composé de 15 titres. Il y invite les gens au sacrifice pour la renaissance de certaines valeurs.

Une invitation au sacrifice pour la renaissance de certaines valeurs culturelles, comme l’éducation, la dignité, le pardon, l’endurance, la loyauté, qui «sont étouffées de nos jours». C’est la seule explication donnée par le rappeur Reskp pour justifier le titre de son deuxième album intitulé Sarax  (Ndrl : donner de l’aumône). L’opus est composé de 15 titres. Reskp que l’on décrit comme un rappeur engagé pour la musique, et la cause des populations de Parcelles Assainies, où il réside, en donne la preuve dans son produit.
En effet, dans la plupart de ses textes, ce rappeur traite des thèmes de société, sensibilise et divertit en même temps. Son nouveau joyau n’est rien d’autre qu’une compilation de hits «très désinvolte en écriture avec des textes puissants mais très réfléchis, mêlé à une musique à la fois soft, afrobeat, et une petite touche de sonorités africaines». La plupart des morceaux sont faits en featuring avec des artistes pas très connus pour, dit-il, leur donner l’occasion d’être visibles. Mais Reskp y chante aussi avec des artistes de renom comme Nit Doff, Gaston, Fata, Ombré Zion,… Sur le titres Neu raffet, le «boy des Parcelles Assainies» invite le public à préserver les acquis dans une parfaite cohabitation, entre ethnies et religions. Dans Yessal Sapp yi, il se signale à «tous ceux qui pensent que le train du hip hop a laissé Rescapé en rade».
Lors de la conférence de presse qu’il a donnée hier à la mairie des Parcelles Assainies, Reskp explique aussi que dans le morceau Dieuf  (Ndrl : acte), il exhorte les jeunes à ne pas «suivre les erreurs de certains de nos anciens qui n’ont jamais su joindre la parole à l’acte». Le morceau Gueusseum, (Ndrl : secouer) offre une mélodie de délires après une longue journée de travail, tandis que Sedeulé  (Ndrl : partager), est une réponse à ses détracteurs pour expliquer que «toute course a un point de départ mais que la destination finale est le monde entier». Parce que, précise l’artiste, «je suis souvent accusé de ne représenter que les Parcelles Assainies dans mes textes». Reskp avoue avoir beaucoup dépensé pour réaliser ce produit. «Je pense que la satisfaction, elle, est beaucoup plus morale. Parce que ce que je fais est une passion, je le vis avec certaines difficultés, mais n’empêche, j’éprouve du bonheur en le faisant. C’est pourquoi j’y ai mis beaucoup d’argent, même si en retour je ne gagne pas ce que j’ai dépensé», a-t-il dit.

7 ans sans sortie d’album
Il faut rappeler que Reskp est resté très loin de la scène musicale sénégalaise pendant 7ans. Une absence qui, selon lui, est due au fait qu’il avait une autre casquette. En plus, tente-t-il de convaincre : «La réalisation de l’album nous a pris beaucoup de temps. Il y a eu des accidents entre temps, on avait déjà mixé l’album et puis après on avait perdu toutes les données. Donc, c’est ça qui a occasionné beaucoup de retard par rapport à sa réalisation.» A l’en croire, cette absence de la scène musicale sénégalaise n’est qu’un épiphénomène. Cela, avoue-t-il, lui a permis d’avoir plus d’expérience.
mfkebe@lequotidien.sn

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