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Ousmane Sonko a pris date avec les Sénégalais. Hier, le leader du parti Pastef a officiellement déclaré sa candidature. Dans son livre intitulé «Solutions pour un Sénégal nouveau», il dévoile son offre programmatique pour la Présidentielle de 2019.

L’inspecteur des Impôts et domaines, radié de la fonction publique, fera face à Macky Sall à l’élection présidentielle de 2019, s’il atteint le nombre de signatures requis. Hier, c’est devant un public monstre et discipliné que Ousmane Sonko a officiellement déclaré sa candidature. Ra­gaillardi par la forte mobilisation des militants et sympathisants, le leader de Pastef a élevé la barre pour la collecte de signatures. Désormais, il assigne un objectif d’un million de parrains au lieu des 800 mille fixés au départ. Il a osé révolutionner la façon de présenter l’offre programmatique aux Sénégalais. Voilà l’exercice difficile et risqué auquel s’est livré hier Ousmane Sonko sur une Place de l’Obélisque bondée de monde. Candidat déclaré à la prochaine Présidentielle, il a condensé dans un livre intitulé Solutions pour un Sénégal nouveau ses propositions pour triompher sur son «bourreau». Ainsi, Sonko a dévoilé le contenu de l’ouvrage au cours d’un débat de presque deux tours d’horloge. Dans son costume assorti d’une chemise blanche, accompagnée d’une cravate bien nouée, le «Patriote en chef» a critiqué le «trop de pouvoirs» concentrés entre les mains du président de la République. Il estime qu’il urge de limiter les pouvoirs du chef de l’Etat. Là, il a mis le doigt sur le pouvoir de nomination du président de la République qu’il faut, selon lui, «encadrer». Dans ce sens, il prône un appel à candidatures pour certains postes de responsabilités, mais aussi pour la mise en place de «contre-pouvoirs solides». C’est ainsi que le député propose le renforcement des pouvoirs et moyens de l’Assemblée nationale. Cela, dit-il, permettra à l’institution parlementaire de «mieux jouer son rôle de contrôle du gouvernement». Sur ce point, Sonko milite pour le recrutement d’assistants parlementaires pour aider les députés dans leur mission.

Pour la suppression des fonds politiques
En ce qui concerne le pouvoir judiciaire, il compte également le renforcer. Pour une justice indépendante, le candidat ne veut plus voir le chef de l’Etat et son ministre de la Justice siéger au Conseil supérieur de la Magistrature. Après, il s’est attaqué à la gestion des fonds politiques par les régimes qui se sont succédé. Il s’engage à les supprimer en les remplaçant par des fonds secrets. Parce que, dit-il, il y a des dépenses «sensibles» comme les fonds d’espionnage qui ne peuvent pas être divulgués au grand public. Les fonds politiques ne sont rien d’autre que «des fonds destinés à corrompre les électeurs». Confortablement assis sur son siège, l’oreillette et le micro de la 2Stv qui retransmettait la cérémonie de dédicace en direct, il jette des regards de gauche à droite et tient fièrement un exemplaire du livre entre ses mains. Dopé par la vague de sympathie à travers l’applaudimètre, Sonko n’a pas hésité à se débarrasser de son costume. «Je ne crois pas à la réalité du pouvoir. La réalité du pouvoir est de faire ce que le Peuple vous demande. Voilà ce que je crois. Promettre de réduire son mandat de 7 à 5 ans et ne pas respecter sa parole n’a rien à voir avec la réalité du pouvoir», répond-il à une interrogation d’un des panélistes. Une pique au candidat Macky Sall. Ici, il s’agissait d’une question sur le changement de comportement des hommes une fois au pouvoir.

Il dénonce «les tares du système»
D’ailleurs, Sonko a mis en garde le candidat de Benno bokk yakkar qui, selon lui, «prépare déjà un coup de force pour passer au premier tour avec 54%». «Cela ne passera pas», prévient-il sur un ton menaçant. Par ailleurs, l’auteur de Solutions pour un Sénégal nouveau a dénoncé ce qu’il appelle les «tares du système» telles que la corruption, le détournement de deniers publics. Il a également répondu à ses détracteurs qui le peignent comme quelqu’un d’«arrogant» et de «hautain». S’il ne se retrouve pas dans un tel portrait, il justifie cependant son ton : «Face à un régime où tout en eux est violent : Violence inouïe en utilisant la justice pour traquer des adversaires politiques, en utilisant les Forces de l’ordre pour brutaliser des opposants, je ne peux agir que de cette façon.» D’autres sujets comme la coopération dans le domaine sécuritaire, le tourisme, l’artisanat, le sport, l’agriculture, entre autres, ont été abordés dans ce livre de 233 pages dont 13 chapitres. Les panélistes n’ont pas été tendres avec lui. Entre autres observations, il a été interpellé sur ses critiques envers la presse, l’absence de références et de sources dans le livre. Il a été aussi reproché à Sonko l’absence d’offres en direction des femmes.
Pour la seule journée d’hier, Pastef informe que 500 livres ont été écoulés. Les nombreuses demandes n’ont pas été satisfaites pour rupture de stock.
msakine@lequotidien.sn

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