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Macky Sall est dans l’après 24 février. Tel un Président assuré de sa réélection, il a annoncé hier que sa priorité en 2021-2022 sera l’emploi. Mais le candidat de Benno bokk yaakaar qui présentait son livre hier a aussi lancé un défi à ses hommes : «Nous devons gagner Dakar.»

Merci d’accueillir le Président ! Tout le monde se lève. Coïncidence ou pas avec la présentation de son dernier livre, pour ses 57 ans, Macky Sall a été accompagné par des «Joyeux anniversaire !» jusqu’au présidium. Instant de sourire contrastant avec son «niangal» qu’il considère comme un «masque». Puis, instant de tristesse avec la minute de silence observée en la mémoire de Sidy Lamine Niass. Et plus tard dans les interventions des journalistes, il revient sur ce «niangal» qui lui colle au visage et qui a fait l’objet d’un chapitre dans Le Sénégal au cœur. «Ce n’est pas le cas dans mes relations humaines. Parfois, il faut un peu de niangal aussi parce qu’il y en a qui ne comprennent que ce registre», explique-t-il, provoquant un rire collectif. Macky Sall s’est donc livré à un exercice de critique de son ouvrage. Et le modérateur, Madiambal Diagne, estime qu’il est temps que, dans un pays de «grande démocratie» comme le Sénégal, les politiques, les candidats à la Présidentielle, partagent, comme l’a fait le chef de l’Etat, leur vécu. Comme ça se passe ailleurs, citant Obama, Hilary Clinton, Macron, Fillon, etc. Parce que, pour lui, «ce livre est un témoignage pour la postérité». A droite de l’auteur, il y avait aussi les Professeurs Ousmane Sène et Ousmane Khouma. Un exercice difficile pour un universitaire de commenter une production d’un homme politique et candidat. Mais parce que ce livre «n’est ni une propagande ni un bilan», le directeur du Warc est «à l’aise» pour relever les «valeurs d’éthique, de retenue, de honte» dans une écriture «sobre et dépouillée». Pr Pape Massène Sène, quant à lui, note une «profusion de valeurs exposées comme la dignité, le courage, l’humilité». «Macky Sall a pris le risque de rappeler son passé», estime-t-il. Cette stratification de la société qui lui tient à cœur, mais un épisode douloureux qu’il n’a pas pardonné à son prédécesseur, Abdoulaye Wade. «Il faut raconter l’histoire pour ne pas la perdre. Je parle de moi et de ma famille. Enfin, il faut bien que je vous dise qui je suis parce qu’on a dit de moi ce que je ne suis pas. Si j’ai parlé de la stratification de la société, c’est pour vous dire la vraie histoire. Je préfère mourir que de perdre la face. C’est donc à titre informatif que je l’ai fait», a-t-il indiqué.

«Nous allons continuer à gagner. Nous devons
gagner Dakar»
Le Sénégal au cœur est alors traduit dans un portrait illuminé par les écrans de la salle. Macky Sall a la main droite au cœur. Et tout est bien pensé, puisque différents profils ont été choisis pour les films projetés. Des images qui collent aux morceaux choisis. Un vieux qui étale les deux pages dans un village pour traduire le monde rural et ses aléas. Un étudiant sur le banc d’un campus social pour la jeunesse et l’éducation. Puis un père de famille, son épouse et sa fille. On est dans la Com’ ! Parce qu’aussi, c’est dans un contexte où il entend solliciter du Peuple un second mandat. Le candidat à la Présidentielle de 24 février ne prétend pas que tout est rose. «Nous devons engager des réformes et la priorité des priorités c’est l’emploi. En 2021-2022, notre économie sera forte et nous attendons une croissance de 9%. Je ne suis pas un révolutionnaire, mais un réformiste. Ce n’est pas la longue marche de Mao, mais nous avons fait plusieurs villages des hameaux. Nous avons gagné les élections législatives de 2012, les Locales de 2014, le Référendum, les Législatives de 2017, même si c’est faible. Pourquoi arrêter cette série de victoires ? Nous allons continuer à gagner encore. Et il faut gagner Dakar, sortir Dakar de la saleté», a-t-il dit à ses militants et alliés.

«La loi sur la répartition des ressources votée en mi-janvier»
Le chef de l’Etat a aussi glissé une réponse indirecte au Forum civil qui réclame les projets de texte sur la gestion du pétrole et du gaz, mais il ne digère toujours pas les accusations et insinuations de ses adversaires qui s’en donnent à cœur joie. Ousmane Sonko et Thierno Alassane Sall en parlent très souvent. «Certains racontent n’importe quoi. On ne comprend rien de ce qui se dit», a-t-il déploré. Avant d’annoncer que la loi sur la répartition des ressources sera votée en «mi-janvier». Les face-à-face entre Macky Sall et les journalistes sénégalais sont rares. Il lui est reproché d’accorder très souvent des entretiens à la presse étrangère. «Il faut qu’on arrête ces considérations. Internet est là et il n’y a pas de limites. Tout ce qui se dit ailleurs est vite repris. Et puis, récemment j’ai parlé dans L’Observateur et c’est un entretien fait à l’étranger», répond-il. Et pourquoi a-t-il choisi un éditeur français, Cherche midi, alors qu’il a mis en place un Fonds d’édition. «C’est juste pour notre rayonnement international. Le Sénégal d’abord. Peut-être la prochaine, on prendra un éditeur sénégalais», assure-t-il.
hamath@lequotidien.sn

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