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Ils sont douze, douze à avoir choisi de lier leurs plumes pour une cause. «La Cause», celle de tous les slameurs et au-delà, celle de toute la population. Ce samedi, au lancement de leur livre commune, «La Cause», les slameurs réunis autour du collectif Dalal Slam ont encore une fois, ravivé la foi et la flamme du slam dans le cœur de leurs «lectauditeurs». «La Cause», leur premier recueil de poésies, n’est pour eux que le début du commencement.

S’imposer et imposer le slam au Sénégal, telle est la volonté des 12 slameurs, qui ont apposé leurs signatures dans La Cause, l’anthologie parue aux éditions Materia Scritta et qui a été lancée, ce samedi à l’hôtel Océan. La cause réunit en effet, les membres  du collectif Dalal Slam : Mouhamadou Bamba Mbaye alias Dieuwrine J, Man­diaye Camara dit Camou L’Afri­cain, le duo Plume Rebelle formé par Badara Fall Rafall et Doudou Lom Dimelo, Mouhamed Teigne Diouf Mtd, Marième Coulibaly Samira, Ibrahima Mbar Faye Ibson, Pape Sellé Diouf dit Séllé, Mouhamadou Baldé le moraliste, Moussa Sow Muwossa, Birom Ceptik Seck, Amadou Mous­tapha Dieng le Bro, un groupe de slameurs mus par la même volonté de hisser le slam au sommet des arts. «La Cause, c’est votre cause, c’est notre cause à tous», ont-ils fait savoir de part et d’autre dans leurs interventions. Ce recueil reste tout de même, comme ils le soulignent dans le prologue, «l’acte de naissance livresque et sonore, acte d’engagement à diffuser le slam au Sénégal, à l’imposer comme un art majeur de la scène.» Il représente surtout l’engagement de ces jeunes qui veulent, à tout prix, changer la donne à travers leurs plumes et leurs voix. «Certes nous ne sommes pas des magiciens mais nous estimons que notre prose puisse opérer une métamorphose», disent-ils.
Union de styles ; union poétique, La Cause entend opérer ce changement dans les cœurs, les âmes, les mentalités. Et pour mieux épouser cette cause, qui œuvre pour le «bien-être» de tous, Amadou Moustapha Dieng le Bro, invite ses «lectauditeurs», à «déchausser» leurs esprits. «Cette cause, c’est la vôtre, c’est la nôtre, c’est la somme de toutes les causes. C’est une fraction de toutes les causes que vous portez», a-t-il insisté devant ses amis, les comédiens de la matière écrite, les éternels causeurs, les auteurs de la prose poétique. Avec La Cause, ces derniers jugent qu’ils ont tourné la page des disgrâces. «Il a fait nuit trop longtemps mais notre jour se lève», a slamé Mouhamdou Baldé, le moraliste. Coiffée du Tengadé (Ndlr : chapeau) intergénérationnel en signe de sa solidarité envers  ces jeunes slameurs, la poétesse, Fatou Yelly Faye, a confié être tombée sous le charme de l’esthétique de La Cause, qu’elle a préfacée. «Je prie le ciel pour que la cause, cette cause, notre cause aille de l’avant», a-t-elle dit. Il ne reste qu’à conquérir le Sénégal et à faire aimer le slam à tous !
aly@lequotidien.sn

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