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L’artiste engagé Mam J Ras Soul a présenté hier à la presse un album reggae roots qui consacre son regard sur l’actualité mondiale. Combinant des sonorités diverses, il a bénéficié sur cet opus de la participation d’un éminent pionnier du reggae africain, Manjul et Humble Ark. A l’en croire, chaque titre de cet album dévoile la richesse des instruments de musique africains. «Les messages et la singularité de cet album sauront sans nul doute révolutionner le reggae sénégalais», affirme Mam J Ras Soul. Dévoilant les titres qui composent l’album, il renseigne que le morceau Thanks & praises est une prière. «Celle de tous les jours chez le croyant, dans la religion, en général toute chose que l’on entame dans une vie, que ce soit de l’ordre d’une naissance ou d’une union… On commence toujours par le fait de rendre d’abord grâce à Dieu.» Les paroles sont accompagnées d’une flûte, et c’est une façon pour l’artiste de rendre gloire à «Allah Soubhanahou wat’Allah, créateur et générateur d’amour, en chantant Alhamdoulillah comme premier morceau de cet opus».
Ayant été lui-même un talibé pendant une dizaine d’années, il consacre également un morceau aux enfants de la rue. Pour Mam J Ras Soul, la place d’un enfant c’est d’abord à l’école. C’est pourquoi il utilise sa voix pour éveiller les consciences sur ce qu’est la responsabilité d’une garde d’enfant qu’il décline comme une responsabilité étatique, mais également parentale. Ici, la kora et le ngoni se mélangent pour accompagner les idées véhiculées par l’artiste : la soif du savoir et la volonté des talibés d’aller étudier. Cela dit musicalement, Mam J Ras Soul chante également l’amour. Sur le titre M’bife (je t’aime), il dévoile la facette du chanteur romantique et sentimental qu’il est, même si le morceau traite d’une séparation. L’artiste rappelle, en effet, les valeurs ancestrales sur lesquelles se sont fondés des couples qui, plus que jamais, continuent à s’aimer malgré les moments difficiles. D’autres titres : Blacks blancs beurs relate l’histoire des anciens tirailleurs sénégalais alors que Babylone frappe et crie dénonce les problèmes géopolitiques, leurs répercussions sur les populations civiles à travers les wooy wooy. C’est une façon pour lui de reprendre une idée de Tiken Jah Fakoly qui a chanté «ils allument le feu, puis l’activent et après ils viennent jouer au pompier, on aura tout compris».

Les débuts avec Ndongo Yii
Ce sont en tout 10 morceaux avec un remix que Mam J Ras Soul offre aux mélomanes. Un régal musical qui s’intitule Lettre du continent. «Pour une première dans l’histoire de la musique sénégalaise, un artiste allie paroles et œuvres. C‘est la raison pour laquelle, en lien avec la sortie de son opus s’est mise en place une idée originale au titre d’une caravane de sensibilisation, dédiée aux stations-services et gares routières intitulée Une gare routière, une poubelle, substitut des affiches et symbole d’un acte écologique et sanitaire», précise un document partagé à la presse. Mam J Ras Soul, de son vrai nom Mamadou Diop, est un artiste originaire d’un village appelé Nianing dans le département de Mbour. Guidé par son éducation et sa soif du savoir, il se considère comme étant un philosophe toujours à la recherche de la vérité. Afin d’extérioriser son savoir du saint Coran et des khassaïdes du maître Cheikh Ahmadou Bamba qu’il a reçu durant son initiation au sein des daaras, il se lance dans la musique avec ses deux amis au sein d’un groupe appelé Ndongo Yii en 1996. Ils sortent leur premier album en 2004 et entament une tournée internationale en 2007 (Cannes, Marseille, Nice, Paris, Lyon, Stockholm). Ce qui leur a permis de travailler avec de grands labels tels que Musicsolution. Aujourd’hui, il évolue en solo, convaincu qu’il est né pour défendre des valeurs de paix, d’amour et de justice.

Stagiaire

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