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Le président de la République a confirmé hier Famara Ibrahima Sagna à la tête du Comité de pilotage du dialogue national. Les pôles, la société civile, les chefs religieux et coutumiers ont 15 jours pour désigner leurs représentants.

Il était là, dans la première rangée, lunettes noires, boubou blanc. La présence de Famara Ibrahima Sagna dans la salle des banquets confirmait son choix annoncé pour présider le dialogue. C’est qu’il avait fini par faire l’unanimité autour de sa personne. Avant l’heure. Après le consensus sur l’homme, le président de la République lui a confié la présidence du Comité de pilotage du dialogue national. La décision a été rendue publique hier par Macky Sall, à l’ouverture de la Journée du dialogue national, initiée le 28 mai 2016. «J’ai choisi ainsi, pour sa vertu et ses qualités d’homme de dialogue ayant démontré sa capacité d’être au-dessus des clivages, notre compatriote Famara Ibrahima Sagna», justifiait Macky Sall. L’annonce est vite suivie d’applaudissements de toutes les composantes de la société sénégalaise présentes à la Salle des banquets. Ce comité sera composé comme suit : Pouvoirs publics, majorité présidentielle, opposition, non-alignés, société civile, organisations syndicales qui choisiront chacune 5 membres. Alors que le patronat en aura 3, les chefs religieux 3 et les chefs coutumiers 2. Chaque entité dispose de 15 jours pour désigner ses représentants. Et les modalités pratiques de mise en place du Comité de pilotage, sa composition et son fonctionnement seront discutées entre le Président et les différents acteurs.

Retrait des enfants de la rue après la Korité
La cérémonie qui a duré plus de 6 heures de temps a commencé par l’exécution de l’hymne national avec la Musique principale des forces armées. Au présidium, Macky Sall est entouré de Moustapha Niasse, Innocence Ntap Ndiaye et Aly Ngouille Ndiaye. Politiques, membres de la société civile, patronat, religieux, représentants des jeunes, des femmes se sont, tour à tour, succédé au pupitre sous l’œil de El Hadj Hamidou Kassé qui gérait le temps des prises de parole. Et lorsque le président de l’Assemblée nationale a été appelé à rejoindre le pupitre, Macky Sall dira : «Au nom du droit d’aînesse, je lui demande de rester avec nous.» Très touché par le geste du chef de l’Etat, Niasse lui sert : «Vraiment, Monsieur le Président, vous me surprendrez toujours par votre extrême courtoisie et par votre générosité. Je vous remercie sincèrement.» Des rires dans la salle. Au-delà des sujets politiques, les questions liées à la sécurité intérieure ou encore au phénomène des enfants de la rue sont revenues dans les interventions. De l’avis du représentant de la famille de Seydina Lilamoulaye, ces enfants sont exposés à l’endoctrinement par les réseaux djihadistes qui disposent de moyens financiers colossaux. Sur ce point, le chef de l’Etat a donné des instructions à son ministre de l’Intérieur pour qu’il procède au retrait définitif des enfants dans les rues après la Korité. Dans le même ordre d’idées, le président de la République a annoncé que l’Etat va répertorier les daaras afin de leur apporter un appui. «La violence émane d’abord des maisons avant de s’exercer dans les rues. Nous devons discuter sur la façon de revoir l’application des lois et comment les renforcer davantage», a réagi Macky Sall sur les violences constatées ces derniers temps sur les femmes, notamment avec la mort de Binta Camara à Tambacounda et de Coumba Yade à Thiès.

«Il y a des moments où l’exigence de consensus l’emporte sur les logiques d’appartenance»
Les débats se sont déroulés dans une bonne ambiance. C’est un autre visage que Macky Sall a montré aux Sénégalais. Il était décontracté, taquin envers ses opposants. Après l’annonce du nom de Oumar Sarr, des murmures se sont emparés de la salle. Sans doute, les uns et les autres étaient surpris par la présence de l’adjoint de Abdoulaye Wade qui, lui, a boycotté le dialogue. Mais Oumar Sarr sera quand même applaudi. «Dans la vie d’une Nation, il y a des moments où l’exigence de consensus l’emporte sur les logiques d’appartenance. C’est fort de cette conviction que je voudrais vous (Decroix et Oumar Sarr) adresser mes très vifs remerciements pour avoir répondu aussi massivement à mon appel», a dit le président de la République. Tout comme pour le secrétaire général adjoint du Pds, «le Sénégal est au-dessus de tous les partis politiques». Dans son discours, le président de la République a réitéré son engagement à respecter les conclusions issues de ces concertations nationales. «Mes chers compatriotes, il importe ainsi pour les intérêts supérieurs de la Nation de construire l’espace d’un consensus national sur les grandes questions qui rythment la marche de notre Nation vers un destin de paix, de sécurité et de prospérité. L’enjeu de ce dialogue est d’aboutir à des consensus qui reflètent les intérêts du Sénégal que l’Etat mettra en œuvre dans le respect des équilibres institutionnels, politiques, économiques, financiers, sociaux et culturels.» Entre autres personnalités ayant répondu au dialogue, il y a le général Mamadou Niang, le Professeur Iba Der Thiam, Cheikh Tidiane Sy, ministre de l’Intérieur sous Abdoulaye Wade.

msakine@lequotidien.sn

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