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«Le Sénégal a acquis un niveau de maturité démocratique qui n’autorise plus des violences sous cette forme-là», a réagi le président du mouvement Andu Nawlé, Abdou Fall. Il se prononçait sur la vague de violence qui secoue la campagne électorale, en marge d’un point de presse pour faire le bilan de la première semaine de campagne. Il a déploré le discours va-t-en-guerre de l’ancien président de la République Abdoulaye Wade qui, selon lui, n’a pas compris que la société sénégalaise a évolué et mûri. «Si les méthodes qu’il propose n’ont pas prospéré, c’est parce que, entre-temps, la société a évolué. On ne peut pas en 2019 travailler avec des méthodes de 1968. C’est ce que je reproche d’ailleurs à mon ami Mamadou Diop Decroix qui se croit encore en 1968. Idem pour le Président Wade qui ne peut avoir aujourd’hui ce qu’il avait il  y a un peu plus de 20 ans en arrière». Surtout que, poursuit l’ancien ministre de la Santé sous Wade, ce qui est en jeu, ce ne sont pas des questions politiques. «Karim n’a pas de problème politique mais plutôt de gestion avec le Sénégal. Alors comment voulez-vous que les Sénégalais aillent brûler leur bulletin de vote et mettre le feu dans la rue ? Cette façon de faire la politique, comme toutes les autres formes de violence,  est dépassée. Les Sénégalais sont murs et lorsqu’ils ont un point de vue politique à exprimer, ils le font à travers le vote citoyen. On ne peut plus les entrainer dans de petits combats.»
Par ailleurs, Abdou Fall a salué le discours «serein» et «mature» des candidats, tant de la mouvance présidentielle que de l’opposition. «Ils ont tous compris qu’un discours violent n’est pas payant. Lorsqu’on est devant les médias et qu’on parle avec les citoyens, il faut qu’ils sentent du respect pour eux à travers ce qu’on leur sert.»  La preuve, dit-il, «quand le Président Wade a effectué sa sortie et lancé son appel, la classe politique n’a pas suivi, tout comme la Société civile et les guides religieux. Personne n’a suivi». Pour dire, selon lui, que cette déclaration l’a plus isolé qu’il n’a servi sa cause. Pis, ajoute-t-il, «je trouve très gênant que le jeune Karim Wade puisse jeter son père en pâture et qu’il l’utilise presque comme chair à canon  pour gérer derrière, des intérêts et une carrière politiques. La logique est que c’est nous qui devons donner nos vies pour protéger nos parents et non le contraire. Je suis très choqué de voir que Karim puisse jeter comme ça son père en pâture pour qu’après, si ça marche, venir gaillardement. Je trouve un tel comportement indécent».
nfniang@lequotidien.sn 

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