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Donald Trump est la véritable révélation de 2016. Son triomphe à la Présidentielle américaine a fini de secouer l’Amérique. Mais il est loin de rassurer le monde. Même s’il est revenu sur pas mal de ses promesses de campagne.

Dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016, le monde découvre avec stupeur le choix de l’Amérique. Un choix surprenant. Il est porté sur un sexagénaire. Son nom, Donald Trump. Croyant à son étoile, l’outsider déjoue tous les sondages et se débarrasse de son challenger démocrate, Hillary Rodham Clinton. Contre toute attente donc. Le 45ème Président des Etats-Unis s’est illustré par une violente campagne. Et durant celle-ci, ce ne sont pas les diatribes contre Mme Clinton qui ont manqué.
Déjà sous les traits d’un sauveur, il disait durant la campagne électorale à l’attention de ses compatriotes : «Le rêve américain est mort. Mais si je suis élu Président, je vais le faire renaître plus grand, meilleur et plus fort qu’il n’a jamais été. Et nous rendrons sa grandeur à l’Amérique.»
L’arrivée de cette surprise 2016 dénommée Trump à la tête du pays à la bannière étoilée suscite peur, angoisse et inquiétudes à travers le monde. Un monde qui n’a pas fini de s’interroger sur son avenir devant un inconnu nommé Trump. De l’Europe au Moyen Orient en passant par l’Afrique, on n’arrive pas encore à cerner totalement le personnage du nouveau locataire de la Maison Blanche. Son avènement est loin de rassurer divers milieux qui s’activent pour un monde sans turbulences majeures. Ils sont nombreux les dirigeants et décideurs du monde à s’interroger sur les futures années Trump à la tête des Etats-Unis.
Au Proche Orient, les Pales­tiniens ne voient pas d’un bon œil l’arrivée du milliardaire américain à la Maison Blanche. Ils ont commencé même à faire le deuil de leur rêve d’un Etat digne de ce nom. Et la nomination de l’avocat David Friedman comme ambassadeur des Etats-Unis en Israël semble conforter le Président Mahmoud Abbas et ses compatriotes dans leur scepticisme. D’autant que ce diplomate veut aller dans le sens de la promesse de campagne faite par Donald Trump. Farce ou pas de Trump ? En tout cas, le nouveau plénipotentiaire de Washington à Tel-Aviv a émis le souhait de transférer la Chancellerie américaine à Jérusalem, sitôt choisi par le Président élu. L’avocat David Friedman a en effet dit vouloir s’installer dans la «capitale» Jérusalem, alors que ni les Etats-Unis ni la plupart des pays de la communauté internationale n’ac­cordent ce statut à la ville. Au moment même où l’adversaire voire l’ennemi juré des Palestiniens, le Premier ministre israélien, Benyamin Netan­nyahou, se disait «pressé de travailler» avec le futur occupant du bureau ovale.
Dans le domaine climatique, les acteurs de la Cop22, qui se tenait à Marrakech, ne sont pas rassurés quant au maintien des Etats-Unis dans le groupe des pays signataires de l’accord obtenu à l’issue de la Cop21 à Paris en 2015. Et l’on ne manque pas de préciser qu’il faudrait quatre ans – le temps du mandat de Trump – pour que les Etats-Unis se retirent de cet engagement.
Même dans son propre pays, on s’est interrogé. Puisque la panique avait fini de gagner Washington. En cause : un nouveau Président «sans aucune expérience, totalement imprévisible». Ainsi, Donald Trump est appelé à diriger une  Amérique divisée. Au gourou des sondages, Nate Silver qui soutenait dans le magazine français Le Point : «Trump est un des phénomènes les plus stupéfiants de l’histoire politique des Etats-Unis» ; Donald lui répliquait ainsi : «Les gens sont surpris par la rapidité avec laquelle je prends des décisions importantes, mais j’ai appris à faire confiance à mon instinct.»
En France, le Président François Hollande n’a pu dissimuler sa crainte et la répulsion que lui inspire le nouveau Président des Etats-Unis, quand il expliquait à ses confidents, Gérard Davet et Fabrice Lhom­me, dans leur dernier ouvrage Un président ne devrait pas dire ça. «Trump, c’est ce que l’extrême droite pourrait faire en France», confiait en substance le chef de l’Etat français à ces auteurs. Et ce n’est pas Marine Le Pen qui dira le contraire. D’autant que la présidente du Front national s’était réjouie de la victoire de Donald Trump sur Hillary Clinton.

mdiatta@lequotidien.sn

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