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Manko taxawu senegaal continuera peut-être d’exister dans son appellation, mais file vers une implosion. Les Khalifaïstes et les Rewmistes veulent faire de Idy le candidat de la coalition. Alors que le Grand parti veut jouer la carte de son leader. A défaut, sans doute, Malick Gakou pourrait faire face à Macky Sall.

Manko taxawu senegaal (Mts) version Khalifa Sall était une coalition électorale, mais pour les Législatives seulement. Tout comme le Mts originel. On n’entend plus parler d’ailleurs de la Coalition gagnante/Wattu senegaal. Alors, cette coalition dirigée par le maire de Dakar, en prison, devait mourir au lendemain du 30 juillet. Mais la profondeur du désaccord avec le Pds et Cie est telle qu’il serait difficile, voire impossible de se retrouver. Ce, après tous les coups bas et les petits meurtres qui ont eu cours dans le choix d’une tête de liste commune. Là où Abdoulaye Wade était l’homme «idéal» pour ses hommes, Khalifa Sall était vu par les autres, sur la base de son statut de «martyr», comme le seul capable de faire face à Benno bokk yaakaar, du moins à Dakar. Mais à l’arrivée, c’est la désillusion, même si le score a été plus ou moins serré dans la capitale. Et dans ce choix de Idrissa Seck et Gakou en faveur du maire de Dakar, il y avait peut-être du réalisme. Mais il y aurait surtout un calcul. Une idée de Plan B au cas où Khalifa Sall serait recalé à l’examen de 2019. Comme d’ail­leurs ce qui pourrait être le cas pour le Pds, même s’il refuse encore de croire à une invalidation éventuelle de la candidature de Karim Wade. Dans tous les cas, c’est une opération de com’ qui se joue depuis un certain temps au sein de Manko taxawu senegaal. Et elle est menée bruyamment – peut-être pas brillamment – par les proches du maire de Dakar qui, semble-t-il, sondent l’opinion, mais aussi les autres alliés comme Malick Gakou.

Bataille de la légitimité
Finalement, l’on prendrait pour naïfs ceux qui négligeraient la sortie de Bamba Fall, puis de Youssouph Mbow sur le choix éventuel de Idrissa Seck pour 2019, à la place de Khalifa Sall. C’est pourtant un scénario très sérieux qui, apprend-on, aurait été cuisiné entre Rewmistes et Kha­lifaïstes. D’aucuns affirment même qu’il s’agit d’un accord entre les leaders, Idrissa Seck et Khalifa Sall. La phrase du porte-parole de Rewmi à l’émission «Grand jury» de la Rfm de dimanche dernier est dans cet ordre. «Nous travaillons à faire de Idrissa le candidat de Mts», avait lâché Abdourahmane Diouf. Même si, nuance-t-il, «nous ne le décrétons pas». Il ne fallait pas s’attendre, de toute façon, à autre chose que : «Nous ne fustigeons pas les propos de Bamba Fall», car c’est une belle occasion offerte à l’ancien Premier ministre, diminué par ses 7% en 2012, de compter sur une coalition de cette taille, 3ème aux dernières Légis­latives. Mais quand M. Diouf estime que Bamba Fall, en choisissant Idy comme le candidat de Mts, «était dans une logique de donner (à Idy) ce qu’il lui est dû», c’est là une autre interrogation. Qu’est-ce qui est alors dû au leader de Rewmi ? Est-ce un retour de l’ascenseur du soutien au maire de Dakar ?
Seulement, il y a là une échappée solitaire qui risque de mal tourner. Puisque Malick Gakou qui est (encore) le coordonnateur de Mts et probable candidat pourrait s’offusquer de cette légitimation prématurée de Seck. Parce que lui non plus n’a sûrement pas choisi Khalifa Sall au détriment de Wade pour rien. Pour Idy et les proches de Khalifa Sall, c’est au moins clair : Rewmi est le plus «grand parti» et Idy le plus «valable leader» de l’opposition, y compris face au Grand parti de Gakou. La démonstration de Abdourahmane Diouf en dit long. «(…) A part l’actuel président de la République (Macky Sall), candidat sortant, il n’y a pas un seul homme politique en mesure de se présenter à une élection présidentielle qui ait autant cristallisé l’espoir des Sénégalais que Idrissa Seck», affirme M. Diouf.

hamath@lequotidien.sn

2 Commentaires

  1. Je crois que Gakou ne peut pas se mesurer à Idy. Ils ne sont pas de la même taille. Donc pour éviter la situation de 2012 avec benno siggil Sénégal , l’opposition doit faire un bloc autour de Idy le seul capable de gripper la machine apéro-yakariste et de mettre en ballotage le puissant candidat de la coalition benno bok yakar.

  2. Et nous y voila encore en train de ficeler une bataille dans le seul but de faire chuter le président sortant avec une opposition qui une fois de plus pense faire bloc autour du candidat ayant le poids politique le plus important. Un scénario qui commence a devenir familier au Sénégal dans ce 21 ème siècle. De cette bataille opposition-parti au pouvoir sort toujours un vainqueur certes, mais le perdant demeure toujours le Sénégal. Une fois de plus, nous sommes sur le point de voir un gouvernement de coalition ou le partage du gâteau sera impératif et la seule chose importante et nous conduira encore vers un Sénégal dirigé par la politique et qui carbure avec du militantisme. Vive le Sénégal émergent (!)

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