PARTAGER

La culture en campagne. Devant l’effacement progressif de l’action publique dans ce secteur, les principaux candidats à la Présidentielle prônent des politiques opposées.

C’est ainsi : En France, depuis Louis XIV, la culture est une affaire d’Etat. Mais aujourd’hui, le financement des activités culturelles s’est tellement transformé que les relations entre initiative privée et action publique font débat. S’interrogeait-on sur ce point il y a une décennie ? Sans doute, mais sans y attacher une importance centrale. Il y avait déjà de grands groupes et des sociétés financières pour apporter du mécénat aux expositions du Grand Palais, mais l’initiative de celles-ci était exclusivement du ressort de la Réunion des musées nationaux (Rmn).
Inversion du rapport de force : l’exposition qui a obtenu le plus grand succès de fréquentation l’hiver dernier était celle de la collection Chtchoukine, venue de Russie. Financée et réalisée par la Fondation Louis Vuitton, elle a attiré plus de 1,2 million des visiteurs, trois fois plus que les expositions qui ont eu lieu simultanément au Grand Palais. Depuis, la Rmn s’inquiète. Elle ne peut rivaliser en termes de budget avec la Fondation Louis Vuitton, pas plus qu’avec la Fondation Pinault quand celle-ci aura emménagé dans la Bourse de commerce, fin 2018.
En 2021, le groupe immobilier Emerige devrait avoir ouvert son centre d’art et son multiplexe sur l’île Seguin, avec l’ambition, selon son fondateur, Laurent Dumas, de «constituer un flux afin de devenir le pôle culturel du Grand Paris» ; de fait, l’ensemble se trouvera sur la même île que les deux salles de La Seine musicale, issues d’un partenariat public-privé entre les Hauts-de-Seine et plusieurs groupes dont Bouygues et Sodexo, et le futur «campus numérique» de Vivendi qui devrait abriter les bureaux d’Universal music et de Canal+. D’ici là – probablement en janvier 2018 – Lafayette anticipations, fondation des Galeries Lafayette, aura ouvert rue du Plâtre.
Il y a dix ans, dans le paysage parisien, seuls deux lieux privés d’art contemporain étaient connus au-delà du cercle des amateurs.
lemonde.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here