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En Côte d’Ivoire, la justice a décidé de la radiation définitive des listes électorales de Laurent Gbagbo. La plateforme de soutien à l’ancien Président, Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (Eds), a réagi ce 26 août après-midi au siège du parti. Sans surprise, elle a rejeté cette décision. Mais, plus étonnant, elle a assuré ne pas renoncer à une candidature de Laurent Gbagbo en octobre prochain.

L’annonce a été courte mais très directe. Elle a été faite par le président de la coalition, Georges Armand Ouegnin, en présence de cadres et d’une poignée de militants. «Eds [En­semble pour la démocratie et la sou­ve­raineté] considère que tous ces agissements illégaux et injustes contre Laurent Gbagbo relèvent de l’instrumentalisation de l’institution judiciaire à des fins politiciennes ayant pour seul but d’exclure, par peur, un redoutable adversaire politique de la compétition électorale.».
A ce titre, la plateforme de soutien a dénoncé «des règlements de comptes» et fait savoir qu’elle «n’accepterait jamais une radiation non justifiée de son candidat». Elle a surtout annoncé qu’elle ne renonçait pas à une possible candidature de Laurent Gbagbo pour la Présidentielle d’octobre prochain et qu’elle déposerait son dossier «selon les procédures prévues».
Les militants évoquent la date du 31 août. Il faut néanmoins rester prudent puisque Laurent Gbagbo lui-même ne s’est pas encore prononcé publiquement sur cette possibilité. Selon la justice ivoirienne, Laurent Gbagbo est privé de ses droits civiques depuis sa condamnation à 20 ans de prison pour l’affaire du «casse de la Bceao». Une procédure infondée et truffée de vices de procédure selon ses soutiens, qui considèrent donc l’exclusion de l’ancien candidat comme nulle et non avenue.

La riposte s’organise
Le soutiens de Laurent Gbagbo à Abidjan sont fermes : «Nous allons nous donner tous les moyens démocratiques pour qu’il soit candidat», indique Assoua Adou, le Secrétaire général du Fpi pro-Gbagbo.
Sur le terrain, ses sympathisants continuent d’exprimer leur colère contre ce qu’ils estiment être une «manipulation politique».
Un sit-in de l’opposition est prévu par exemple vendredi 28 août, devant le siège de l’Union européenne à Bruxelles, pour notamment «dire non à un troisième mandat» du Président sortant et réclamer le «retour au pays de tous les Ivoiriens exilés». «L’opposition veut revenir aux affaires, d’où cette mobilisation contre un troisième mandat», analyse le politologue Sylvain N’Guessan.
Pour le professeur Moritié Camara, cette stratégie s’inscrit dans une «lutte d’image» : il y a au fond, l’idée, selon cet historien, que les partis d’opposition veulent «abîmer l’image des autorités ivoiriennes sur le plan international»… une volonté donc, de «mettre en difficultés les autorités ivoiriennes», malgré l’absence de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.

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