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Le Comité pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (Cored) a installé hier son tribunal des pairs. Cet organe d’autorégulation aura pour mission de veiller au respect, par les journalistes, les techniciens des médias et les entreprises de presse, de l’éthique et de la déontologie. Composé de 12 membres, le tribunal comporte un double degré de juridiction et est aussi doté d’un pouvoir d’auto-saisine.

Désormais tout citoyen sénégalais peut saisir le tribunal des pairs pour se plaindre d’un manque d’éthique et/ou de déontologie de la presse. Le Comité pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie (Cored) vient en effet d’installer la nouvelle équipe du tribunal des pairs. La cérémonie s’est déroulée hier à la Maison de la presse. Selon le président du Cored, Mamadou Thior, le nouveau bureau élu pour un mandat de trois ans compte 12 membres, 5 femmes et 7 hommes. Il s’agit du doyen Mame Less Camara, de Mamadou Biaye, Assane Diagne, Dié Maty Fall, Jacqueline Fatima Bocoum, Ibrahima Souleymane Ndiaye, Moustapha Diop, Anne Marie Fall, Eugénie Rokhaya Aw, Seynabou Mobdj, Tidiane Kassé et Cellou Diallo. Les membres passent ainsi de 10 à 12 membres. Une hausse dictée par le souci d’avoir un double degré de juridiction. «Le Cored a été critiqué pour l’absence de recours en cas de non-satisfaction de la décision rendue. Dorénavant, le tribunal, indifféremment composé, siège en première et au besoin en seconde instance», annonce le président Thior. En effet, pour ce nouveau mandat, le tribunal des pairs intègre certaines innovations. Ainsi pourra-t-il s’autosaisir dans certaines situations. «Le Cored peut être saisi par toute personne physique ou morale, de toute violation des règles d’éthique et de déontologie, dans les conditions prévues par le Règlement intérieur. Le Cored peut également s’autosaisir de toute question relevant de sa compétence et en délibérer», précisent les statuts de l’organe.
Le tribunal des pairs institué au sein du Cored pourra appliquer des sanctions allant de l’avertissement au blâme et au refus de délivrer le quitus pour l’obtention ou le renouvellement de la carte de presse en cas de manquement aux règles d’éthique et de déontologie. Le Tribunal peut également proposer à l’organe habilité, le retrait provisoire ou définitif de la carte nationale de presse. «Nous avons choisi la voie de l’autorégulation car nous sommes convaincus que cette démarche peut aider à tirer la profession vers le haut au grand bénéfice du public, notre raison d’être. Ne dit-on pas que le linge sale se lave en famille», indique Mamadou Thior.
Le Cored existe depuis 6 ans mais, regrette son président, son parcours n’a pas été à la hauteur de ce que toute la profession en attend. «Le citoyen qui devrait en être le principal bénéficiaire face aux écarts des journalistes dans le traitement de l’information, ne sait toujours pas que les professionnels ne sont pas aveuglés par un excès de corporatisme pouvant les maintenir dans une position d’autosuffisance susceptible de les faire passer pour des personnes se croyant au-dessus de la loi», dit-il.
Dans son discours, le président Mamadou Thior n’a pas manqué de souligner que le secteur de la presse «connaît des problèmes». Mais selon lui, ce «mal que nous voulons soigner n’est pas l’apanage exclusif de notre profession».

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