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La version théâtrale de L’aventure ambiguë, fascinante œuvre écrite par Cheikh Hamidou Kane, a été jouée par l’Atelier théâtral de Rufisque, au Théâtre national Daniel Sorano. Un beau spectacle qui a ému l’écrivain.

Pari réussi pour Mame Birame Diouf, le metteur en scène de «La Grande Royale», la version théâtrale du roman L’aventure ambiguë de cheikh Hamidou Kane. Son œuvre théâtrale qui a donné vie à ce roman s’est déroulée, ce mercredi à Sorano. L’Atelier théâtral de Rufisque a joué un spectacle époustouflant. Lumières de différentes couleurs, chants traditionnels, musique occidentale, décor de village, et bien sûr des discutions philosophiques sur scène, ont épaté les spectateurs qui ont presque rempli les sièges. Un véritable cocktail d’humour et de drame. Il faut aussi noter la forte présence de l’émotion, des rires et de la joie. En effet, Samba Diallo est écartelé entre certains personnages. Lui qui est parti de son Fouta natal et qui arrive dans une agglomération comme Paris, a vu une civilisation tout à fait différente. A force de fréquenter des Marxistes-Léninistes, Samba Diallo a fini par perdre la foi. C’est pourquoi Le Fou l’a tué. Mais Samba a connu la rédemption lors de sa résurrection. Un dénouement heureux que tout le public a applaudi. Mame Birame Diouf est félicité et remercié par Cheikh Hamidou Kane qui a suivi la pièce en compagnie de sa famille, du ministre Samba Sy, et de son cousin Abdoulaye Elimane Kane. «Je témoigne ma gratitude et mon admiration pour l’auteur de ce spectacle tiré du livre que j’ai écrit, mais qui a été passé en langue wolof après la langue française dans laquelle ce livre a été écrit. Il n’a été traduit en langue local qu’en pulaar. Ce spectacle, présenté par votre troupe, donne une version wolof très belle, très convaincante», dit le romancier sénégalais qui a récemment fêté ses 80 ans. Emu par le spectacle, ce dernier demande à l’Etat d’apporter son aide à l’atelier théâtral de Rufisque. Pour lui, ce spectacle doit continuer d’être joué parce qu’il apporte des enseignements. «S’il me dit : «je te félicite», ça veut dire qu’il a ressenti du fond du cœur le travail», se réjouit le metteur en scène. Mame Birame Diouf et sa troupe vont pouvoir enfin avoir la conscience tranquille, après trois mois de labeur. Et pourtant, c’est la première fois que la plupart des comédiens de l’Atelier théâtral de Rufisque, montent sur scène. C’est l’exemple de celle qui a interprété le rôle de la Grande Royale. Et pourtant, ils ont réussi grâce à un travail de longue haleine. «Pour la première fois, je crois qu’aujourd’hui, si je me couche dans mon lit, je pourrais dormir tranquillement. C’est dire tout le travail qui a été fait autour de ces garçons et filles. Un travail qui n’a pas été facile à réaliser, mais fort heureusement, ce sont des garçons et des filles qui ont une écoute et qui en veulent. Quand on veut, on peut arriver à quelque chose. Et tous habitent le département de Rufisque, c’est ça qui est extraordinaire», souffle-t-il.
Pour rappel, L’aventure ambiguë a été traduite en plusieurs langues, enseignée dans des universités africaines, américaines et européennes. Une très grande œuvre philosophique toujours d’actualité et dans laquelle le choc des civilisations perturbe le parcours des protagonistes.
Stagiaire

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