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Une formation sur la Pré­vention et le contrôle des infections (Pic) surtout associées aux soins. Une première à Dakar, qui se tient du 27 au 8 décembre pour une dizaine de pays francophones. Pour le Directeur général du Centre africain d’études supérieures en gestion (Cesag), cette session de formation répond à une préoccupation, celle de renforcer la sécurité des patients et des professionnels de santé contre les infections associées aux soins. «Très souvent, le traitement d’une maladie peut s’avérer très compliquée parce que le patient, en plus de sa maladie, a eu une infection dans la structure de santé à laquelle il est soigné. Cela peut lui valoir une incapacité d’une longue durée ou il peut en mourir», regrette le représentant de l’Oms au Sénégal, Dr Déo Nshimi­rimana. Le professeur Babacar Ndoye, consultant de l’Oms, donne l’exemple de l’épidémie à virus Ebola qui a été dévastatrice. «Nous avons perdu beaucoup de personnels de santé, beaucoup d’hôpitaux ont fini de fermer leurs portes», relève-t-il.
Les causes sont multiples et peuvent être liées à la fois au système de santé, aux procédures de soins et aux pratiques comportementales, selon le représentant de l’Oms. Et surtout par défaut de mettre en place des programmes efficaces de prévention des infections, ajoute Pr Babacar Ndoye. Pour renforcer les bonnes pratiques, l’Oms a développé des outils de mise en œuvre pour améliorer l’efficacité de contrôle et de prévention des infections surtout des infections associées aux soins. Ces outils, soutient l’experte de l’Oms, sont basés sur l’évidence scientifique, la recherche qui édictent des mesures efficaces pour prévenir les infections associées aux soins. Il s’agit de pratiques de comportements qui ciblent l’hygiène et la prévention comme l’hygiène des mains, la bonne utilisation des gants, etc. Et c’est à partir de ces outils que «nous allons faire cette formation pour que les pays puissent avoir de bons programmes de prévention», indique Pr Babacar Ndoye.
La Pci étant un ensemble de recommandations permettant d’éviter les infections acquises à l’occasion des soins. Sa mise en œuvre n’implique pas de coup. Pendant presque deux semaines, les représentants d’une dizaine de pays membres de la Francophonie dont le Sénégal vont suivre cette session. Avec l’aide des experts de l’Oms, et des experts africains et praticiens hospitaliers, les participants vont être formés sur ces outils. Cela va leur permettre, une fois chez eux, de multiplier les connaissances pour renforcer ces pratiques dans leur pays. Pour appuyer, l’Oms, en plus de ces formations, a préparé des modules disponibles pour tous les pays du monde.
Pour le cas du Sénégal, le pays s’était doté d’un programme national de lutte contre les maladies nosocomiales. Ce programme a étendu ses tentacules au niveau des centres de santé et des structures hospitalières par la mise en place de comité d’hygiène et de lutte contre les infections associées aux soins. «Ce sont ces comités qui, par le biais de directives, appliquent les dispositions du plan de lutte contre les infections», indique le conseiller technique du ministre de la Santé et de l’action sociale, Dr Aloyse Diouf. Pr Ndoye ajoute que de «nombreuses formations ont été faites dans le cadre de la Pci, du matériel de protection individuelle, des gants, les masques avaient été réceptionnés». Mais souligne Dr Diouf, ces comités ont connu une léthargie en termes de moyens et d’organisation. Maintenant, il faut renforcer et mettre en œuvre les instructions qui sont mises à la disposition des pays par l’Oms.
ndieng@lequotidien.sn

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