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La Cene a décerné cette année le prix de l’engagement littéraire à l’écrivain sénégalais Aminata Sow Fall. La cérémonie de remise du prix a eu lieu ce samedi à la Maison des écrivains en présence de la fondatrice de la Cene, de la lauréate Aminata Sow Fall et de ses amis écrivains.

Depuis sa création en 2015, l’association genevoise (la Cene) octroie chaque année 2 prix. Celui du livre engagé qui récompense un livre et celui de l’engagement littéraire qui vise à honorer un(e) écrivain(e) noir(e) engagé(e) tout au long de sa carrière dans la défense ou la promotion d’une cause humaine, sociétale, idéologique, politique, culturelle, économique et historique en lien avec le monde noir. Cette année, la Sénégalaise Aminata Sow Fall a été désignée par le comité de la Cene littéraire pour recevoir le prix de l’engagement. Ce samedi, à la cérémonie de remise du prix à l’écrivain, Flore Agnès Nda Zoa, fondatrice de la Cene, a expliqué les raisons qui ont guidé leur choix sur l’auteur de L’empire du mensonge. «Nous avons décidé de vous attribuer ce prix pour l’année 2017, pour tout l’honneur que vous avez fait à l’Afrique d’écrire si bien et si régulièrement», a-t-elle d’abord souligné, saluant surtout l’immense talent de l’écrivain, sa magnifique œuvre et son attachement profond à l’Afrique.
«Si nous vous avons choisie, c’est pour les valeurs que vous transmettez et que vous nous encouragez à cultiver et à partager. Pour votre amour inconditionnel pour votre terre natale, le Sénégal, et pour toute l’Afrique. Pour le regard critique que vous portez sur ce continent. Je ne sais pas si c’est la Cene littéraire qui vous fait l’honneur de vous décerner ce prix, je crois plutôt que c’est vous qui lui faites honneur de l’accepter.» Recevant son prix, «la grande dame» de la littérature sénégalaise a pour sa part estimé être la personne la plus chanceuse du monde. «Ça se répète, oui ça se répète ! Je ne peux pas dire ce que je ressens. Je ne peux pas dire tout ce qui m’étreint actuellement en émotion, affection, reconnaissance. Vous m’avez toujours porté cet amour. Je le sens ici, je le sens ailleurs, dans vos œuvres. Ce qui m’arrive aujourd’hui est encore à un degré plus intense parce que ça vient de loin… Je suis comblée, je suis heureuse», a-t-elle mentionné devant ses amis écrivains qui ont tous trouvé cette récompense méritée.

L’hommage des écrivains
On dit qu’une œuvre n’est jamais parfaite, mais le talent de Aminata Sow Fall a été unanimement reconnu et salué par ses collègues écrivains. Le président de l’Association des écrivains du Sénégal (Aes), Alioune Badara Bèye, le président de Pen Sénégal, le colonel Moumar Guèye, et le directeur du Livre et de la lecture, Ibrahima Lô, ont tous porté un regard positif sur l’œuvre de la romancière, composée entre autres de : La grève des battus, Les festins de la détresse, Les douceurs du bercail, L’appel des arènes, Le revenant, L’empire du mensonge… «Vous avez fait le bon choix, un excellent choix… Nous sommes fiers d’avoir cette grande dame qui a conquis le cœur du monde littéraire par la qualité, la pertinence et le contenu de ses œuvres. Ses écrits, La grève des battus jusqu’au dernier L’empire du mensonge, vous verrez que c’est une vraie citadelle de liberté», a affirmé M. Bèye, appuyé par le colonel Moumar Guèye. Lui aussi estime que la Cene ne s’est pas trompée dans son choix. «Je ne vois pas dans le monde littéraire qui m’entoure une personnalité qui mérite plus que Aminata Sow Fall tous les honneurs et hommages de notre République et du monde entier», a dit Moumar Guèye, précisant que «Aminata n’écrit jamais pour avoir des prix. Elle n’écrit jamais pour plaire à quelqu’un, ce n’est pas son tempérament. Aminata écrit avec conviction et s’adresse à la jeunesse de notre continent au-delà du Sénégal». «C’est une visionnaire, une femme de refus. Vous êtes une référence pour nous», a-t-il ajouté avant de céder le micro à Ibrahima Lô. Le directeur du Livre et de la lecture, lui, promène son regard sur l’œuvre de celle que Alain Mabankou surnomme «L’impératrice des lettres africains». «Celle que nous fêtons s’intéresse aux grandes questions de l’humanité. Son regard part du Sénégal pour embrasser le monde. Quand on regarde l’actualité des dernières semaines, on ne peut que la remercier d’avoir posé un regard aussi profond sur sa société et le monde. Sokhnasi diaraw lakk, li ga lakk diarr nako, li ga yakk diarnako…» (Ndrl : Chapeau madame ! Recevez mes sincères hommages !), a-t-il conclu.
aly@lequotidien.sn

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