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Dans une région où les stigmates du changement climatique sont visibles, la résilience prend tout son sens. Différentes actions, mais aussi différentes approches sont visibles dans la région de Matam. Parmi elles, celle du Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2rs). Habituellement, les projets et programmes intervenant dans ces régions embrassent de vastes zones. Mais P2rs a choisi de circonscrire son espace d’intervention et d’y mener un paquet d’actions à même de changer la physionomie de ces zones. «On n’a pas voulu se disperser. Raison pour laquelle on a ciblé six communes. Et dans ces communes, des villages qui sont prioritaires. Nous mettons le focus dans ces villages et en 2020, nous allons faire l’évaluation», explique Aly Amadou Diallo, chef de l’Antenne régionale du projet à Matam. Dans ces localités identifiées par le projet comme étant parmi les plus vulnérables, des interventions multiples sont faites. «Nous avons mis des infrastructures qui peuvent avoir un impact sur le niveau de vie des populations. Si vous mettez un poste de santé, les populations n’auront plus besoin de faire des kilomètres pour se soigner. C’est la même chose avec un forage pastoral. On se concentre sur les zones cibles pour que d’ici 2020 il y ait une évolution», souligne M. Diallo.
C’est au nom de cette approche holistique que le projet intervient à plusieurs niveaux. En 2017, le projet a réhabilité 24 Périmètres irrigués villageois (Piv), soit 661 ha qui par la suite sont allés en campagne de contre-saison chaude. Avec le récent déficit pluviométrique enregistré dans la zone du Diéri, le projet a aussi appuyé les agriculteurs en semences de riz, maïs et sorgho. Ce qui a permis pour chacune de ces spéculations 500 ha d’emblavure. Dans le domaine de l’élevage également, le projet a placé des animaux. «Dans chacune des six communes dans lesquelles nous intervenons, nous avons choisi les six villages les plus vulnérables. Dans ces villages, 12 familles vulnérables ont été choisies pour être les premières bénéficiaires», explique M. Diallo. Au total, 120 brebis et 80 chèvres ont été données à raison de 2 brebis par famille. En plus de ces interventions, le projet œuvre également dans les infrastructures. «L’insécurité alimentaire, c’est un tout. Il y a la production, la commercialisation, l’exportation vers les autres villes, la santé, etc.» Ainsi, des centres de santé, des forages, des puits pastoraux et des pistes de production ont été réalisés pour impulser le développement de ces localités. Financé par la Banque africaine de développement (Bad) à hauteur de 19,5 milliards de francs Cfa sur 5 ans (2015- 2020), le P2rs intervient également dans 5 autres régions du pays.

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