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Abdoualye Diouf Sarr.

La 5ème conférence de la Fondation Merck a été une occasion pour les ministres de la Santé du Sénégal, du Burundi, de la Sierra Leone, du Tchad, de la Namibie, de la Gambie, du Botswana, de la République centrafricaine, du Niger, de l’Ouganda de revenir sur la prise en charge du cancer, de l’hypertension, du diabète et de l’infertilité.

La problématique des cancers, de l’hypertension, du diabète et de l’infertilité reste une préoccupation et un défi majeur sur le continent. C’est le constat fait ce mercredi, lors de la clôture de la conférence de la Fondation Merck, au Centre international de conférence Abdou Diouf. La situation est presque la même partout dans les neuf pays d’Afrique qui ont répondu présent à cette conférence. La prise en charge correcte des maladies non-transmissibles, le problème du financement, l’absence de ressources humaines qualifiées, l’inexistence d’infrastructures et d’équipements adaptés, un accès faible aux traitements et aux médicaments constituent autant de difficultés qui freinent la prise en charge correcte de ces pathologies.
Et c’est là que le partenariat entre ces Etats et la Fondation Merck est intéressant, selon les ministres de la Santé des 9 pays. La Fondation, dans différentes initiatives comme «Merck more than mother» et «Merck cancer access programm», s’engage à améliorer l’accès des patients aux soins anticancéreux de qualité et équitables dans les communautés mal desservies. Merck assure également la formation d’oncologues. Le Sénégal a profité de ce soutient. «Il a eu à envoyer 4 spécialistes pour une formation en oncologie en Inde», souligne Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l’action sociale. D’autres pays également ont bénéficié de cet appui, mais ce n’est pas suffisant. Le ministre de la Santé de la Namibie, Julieta Kavetuna, propose une approche proactive et novatrice. «Nous devons adopter nos stratégies aux conditions que nous trouvons sur le terrain», indique-t-elle. Elle note que malgré une situation d’ensemble assez préoccupante, il y a parmi ces 9 pays certains qui ont avancé dans la prise en charge de ces maladies, comparés aux autres pays présents à cette conférence. Le Sénégal, par exemple, a un service de prise en charge du cancer. Egalement, des efforts sont en train d’être faits dans l’accessibilité des médicaments anticancéreux. En 2019, annonce le ministre Diouf Sarr, «l’Etat a mis dans le budget un milliard de francs Cfa de subvention» pour réduire le coût des anticancéreux. A ce propos d’ailleurs, le responsable Afrique de Merck a lancé un appel à ses collègues. «Nous devons travailler en ce sens pour permettre un meilleur accès aux médicaments.» Par contre, en Sierra Leone, Gambie et même au Niger, la situation est bien différente.
Par ailleurs, le ministre de la Santé sierra léonais, Alpha Tejan Wurie, revenant sur l’épisode de la maladie à virus Ebola, a montré comment cette épidémie a ravagé le personnel médical et paramédical de son pays. Il souligne un gap à combler malgré le fait qu’il ait commencé à former des spécialistes. Aussi, renseigne-t-il, son pays déploie énormément de moyens pour s’assurer de ne plus revivre cette tragédie. Quant à la Gambie, elle ne dispose même pas de spécialiste ni de service spécialisé en oncologie. «Les patients viennent au Sénégal pour suivre un traitement», confesse Dr Isatou Touray, ministre de la Santé de la Gambie, qui souligne l’importance de ce partenariat pour son pays. La République centrafricaine a mis l’accent sur son taux de mortalité maternelle qui est le deuxième le plus élevé au monde.
ndieng@lequotidien.sn

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