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Même s’il le voulait, il serait difficile à l’Etat d’opérer actuellement une nouvelle baisse de l’électricité. Celle opérée en 2017 a coûté très cher aux finances de la Senelec et menacé ses équilibres financiers. Jusqu’à aujourd’hui, l’Etat est obligé de continuer à perfuser la société pour lui permettre de compenser ses impayés dus à la baisse. Et si la vérité des prix avait été totale, la hausse aurait été même plus importante.

Le combat de Noo lank contre la hausse du prix de l’électricité ne semble pas parti pour porter ses fruits dans un court délai, malgré la détermination des initiateurs et des manifestants. En effet, les données officielles indiquent que cette hausse de 10%, qui n’est en vérité que l’annulation de la baisse des prix intervenue en 2017, aurait dû être encore plus importante si l’Etat avait décidé d’appliquer la vérité des prix intégrale dans le secteur.
Des données obtenues auprès du ministère des Finances et du budget soulignent que la décision de baisse des prix, décidée à l’époque par le Président Macky Sall, avait généré des impayés de l’ordre global de 444 millions 183 mille 399 francs, dont plus de 304 millions en compensations tarifaires. Le paiement de ces impayés a été pris en charge par l’Etat, mais dans le même temps, la politique d’intensification de l’électrification poursuivie par l’Etat a nécessité d’autres investissements qui ont plus encore mis les finances de la Senelec à mal.
Si pour éviter de reconstituer les pertes de revenus de la compagnie d’électricité l’Etat a, dans un premier temps, payé à la Senelec 197 milliards 58 millions de francs Cfa, il a dû échelonner sur 3 ans le paiement de 189 autres milliards à partir de 2020 jusqu’en 2022. Par ailleurs, au regard de la situation qui prévalait en octobre dernier, si la décision d’augmenter les prix n’avait pas été prise, le gap des revenus de la compagnie aurait demandé un ajustement de l’ordre de 26,3%, bien plus important que la hausse approuvée par la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse) et qui varie de 6 à 10%.
Le paradoxe de la situation actuelle est que le pouvoir de Macky Sall a beaucoup investi dans le secteur de l’énergie pour en finir avec les terribles coupures de courant que le pays avait connues à l’époque du Président Abdoulaye Wade. Malheureu­sement, cela obtenu, les autorités ont pensé qu’elles pouvaient cumuler à cela une baisse des prix, à la suite d’une courte embellie sur le prix du baril à une époque. C’était oublier un peu vite que malgré le mix énergétique, l’essentiel de la consommation de l’électricité du Sénégal provient encore de combustibles fossiles qui sont tous importés aux prix du marché international.

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