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Le Burkinabè Sama Tounwen­d­sida Hugues Richard, du quotidien L’Observateur Palga, a été désigné samedi meilleur journaliste ouest africain à l’issue de la 3e édition de la Conférence d’excellence des médias d’Afrique de l’Ouest et remise des prix (connue en Anglais West africa media excellence conference and awards (Wameca). Le lauréat a travaillé sur un sujet concernant les maladies mentales dans la région nord du Burkina Faso. «Traînant dans les villes et villages ou entravées dans des taudis et bosquets loin de toute vie, les personnes atteintes de maladies psychosociales essaiment dans la région du nord. Comme partout ailleurs, elles sont en proie à toutes sortes de discrimination et de maltraitance», narre T. H. Richard dans le chapeau de son article. Une condition misérable, poursuit le journaliste, «qui a poussé des natifs de cette partie du Burkina Faso à se lancer depuis 2010 dans une croisade pour redonner de la dignité et des chances de réintégration à ceux qu’on traite sans égard. Nous les avons suivis durant deux jours. Toute une aventure».
L’auteur de l’article, d’après Samba Dialimpa Badji, rédacteur en chef d’Africa Check, membre du jury, a non seulement décrit la situation dans laquelle vivent ces malades, mais également il a fait état des solutions délivrées par l’Association «Sauvons le reste» (Sauler) fondée par Adama Ouédraogo.
La Wameca est une initiative de la Fondation des médias d’Afrique de l’Ouest (Mfwa) et vise à promouvoir l’excellence des médias dans la sous-région et à honorer les journalistes de la sous-région qui ont produit des œuvres qui ont eu un impact sur la vie et la société. La 3e édition de la Wameca 2019 a enregistré plus de 700 articles de presse de 15 pays à travers l’Afrique de l’Ouest. Des articles de la presse écrite, audiovisuelle et des médias en ligne soumis par des journalistes issus de plus de 200 organes de presse à travers la région.
«Cela veut dire qu’il y a une reconnaissance de tous les pays de la Cedeao. Il y a une maturité en termes de diversité des sujets et des angles de traitement, mais également de la qualité des productions», relève Sophie Ly Sow. La nouvelle présidente du Conseil d’administration de Mfwa, par ailleurs directrice du Groupe Nexus, note tout de même une «participation équilibrée entre les différentes parties de la région». En effet, explique Mme Sow, «les journalistes anglophones semblent plus représentés que ceux francophones. On a vu le Nigeria rafler les prix. Non seulement ils sont plus nombreux, mais ils participent davantage. Ils ont le sens de la compétition très élevé et s’obligent à faire des productions de qualité et à les soumettre. Donc c’est tout naturellement qu’ils se mettent en bonne position pour remporter plus de prix. C’est la même chose pour le Ghana. Ils dominent vraiment pour le moment. Mais en trois ans, on voit que d’autres pays francophones commencent à émerger. D’ailleurs, le meilleur journaliste de l’année 2019 est un Burkinabè de L’Observateur Palga, qui est un journal de très grande qualité, qui a une longue tradition de gagner des prix».
Auparavant, Sama a remporté le prix de petite catégorie santé. Au-delà de la santé, il y avait aussi une dizaine de prix de la petite catégorie dans les domaines du journalisme d’investigation, anticorruption, du business… Le 3e prix continental relatif à la mise en œuvre de la charte de l’Unité africaine a été décroché par le Sénégalais Momar Niang du site Ouestaf.

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