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Le problème de l’employabilité des diplômés est souvent le talon d’Achille de l’enseignement supérieur sénégalais. Action pour les droits de l’Homme et l’amitié (Ahda), en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert et le groupe Institut africain de management (Iam), a organisé hier une journée d’échanges et de réflexion sur «la qualité de l’enseignement supérieur et employabilité des diplômés : le cas spécifique des écoles de formation professionnelle». Une façon de trouver là où se cachent les faiblesses de cette formation. Analysant «la valeur des diplômes délivrés et leurs reconnaissances», Pr Samba Thiam, enseignant à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), rappelle que «l’employabilité des diplômés sera favorisée dans chaque établissement par la présence en son sein de praticiens, de professionnels et d’enseignants». «Il faut qu’il y ait un équilibre. Pas trop d’enseignants, de docteurs en droit, de professeurs en droit. Il nous faut des experts. L’échange entre étudiants et professionnels, c’est de là que sortira le stage, ce qu’on appelle l’insertion professionnelle», analyse Pr Thiam tout en incitant les écoles de formation professionnelle à «plus de rigueur au moment de sélectionner les étudiants». En évoquant les établissements «qui mettent l’argent en avant», le juriste ne manque pas d’attirer l’attention sur le fait que «la valeur des diplômes délivrés dépend des conditions d’obtention et de délivrance».
Alors que Mame Less Camara, formateur journaliste et analyste politique, rappelle qu’à «l’université, on se rend compte que les étudiants s’engagent dans des études sans fin». Il estime que cette attitude ne se justifie que par l’amour immodéré qu’ils ont pour les études. «Ce qui les retient, c’est si je sors d’ici je fais quoi», explique le journaliste. «Est-ce que les diplômes ont été conçus par rapport aux possibilités du marché», dit M. Camara qui rappelle que la question de l’adéquation emploi-travail-formation a été agitée du temps du Président Senghor. Il souhaite que «nos étudiants soient formés pour bénéficier des flux financiers en Afrique pour donner l’opportunité à d’autres de mieux en bénéficier».

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