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Mamadou Diouldé Bah et Boubacar Diallo sont membres du parti de Cellou Dalein Diallo, l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg). Le premier nommé a attrait hier le second au Tribunal pour coups et blessures volontaires. Ils s’étaient frottés lors d’une réunion tenue au siège de leur parti sis à Grand Yoff.

Cellou Dalein Diallo combat farouchement le Président Alpha Condé en Guinée. A Dakar, les militants de son parti, l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg), se crêpent le chignon. Une bagarre qui avait opposé ses partisans a atterri hier au Tribunal statuant en matière de flagrants délits. En effet, c’est le nommé Mamadou Diouldé Bah qui a conduit son camarade de parti, Boubacar Diallo, devant dame justice pour le délit de coups et blessures volontaires ayant entraîné une Itt (Incapacité temporaire de travail) de 30 jours. Les faits se sont passés il y a quelques jours à Grand Yoff au siège de leur formation politique à la suite d’une réunion avortée.
D’après la partie civile, il a eu en premier lieu une altercation avec un certain Naby Idrissa Diallo. Dans la foulée, raconte Mamadou Diouldé Bah, il a été attrapé au collet et bousculé par le prévenu Boubacar Diallo. Ils seront séparés par la foule. «Alors que l’on pensait que les choses s’étaient calmées, il est revenu à la charge, alors que je dirigeais la prière, en me donnant le coup qui m’a valu d’être évanoui. Les gens m’ont raconté qu’après cela, il a continué à me donner des coups de pied alors que j’étais au sol. Mais je ne peux pas le confirmer puisque j’avais perdu connaissance», dit M. Bah.
Dans sa version des faits contenus dans le procès-verbal, Boubacar Diallo affirme exactement qu’il y a eu d’abord une confrontation entre la partie civile et le nommé Naby Idrissa Diallo. S’étant interposé comme tout le monde afin de calmer les esprits, dit-il, c’est en ce moment que le sieur Bah lui a administré deux coups au visage. «Les gens se sont alors interposés pour nous séparer. Mais je me suis senti touché dans mon honneur. Je n’ai pas pu avaler ma rage. J’ai alors riposté en lui donnant un coup au niveau de la mâchoire», reconnaît le mis en cause.
Ayant comparu à titre de témoin, Naby Idrissa Diallo a déclaré que Mamadou Diouldé Bah tenait des propos désobligeants à l’encontre des nouveaux adhérents du parti. Et ayant adhéré au parti il y a seulement un an, il s’est senti visé. Alors, une bagarre a éclaté entre eux. C’est sur ces entrefaites, conte-t-il, que Diouldé a donné des coups à Boubacar Diallo venu les séparer.
Pour l’avocat de la partie civile, «en réalité, ce n’est pas une simple gifle. Les faits sont constants. Le prévenu a reconnu les faits depuis l’enquête. Il ne semblait même pas regretter. Les faits sont graves et méritent une sanction sévère. Il aurait pu tuer Mamadou Diouldé Bah. Il aurait pu être poursuivi pour tentative de meurtre». Alors pour toutes causes et préjudices subis, le conseiller de Bah a réclamé 3 millions de francs Cfa. Le procureur, qui a requis l’application de la loi, a estimé que les faits sont constants.
L’avocat de la défense reconnaît que son client a fauté mais, selon lui, il s’est vengé même s’il l’a mal fait. Me Baba Diop dira : «Il ne faut pas que les gens essayent d’aggraver les faits en brandissant des certificats médicaux. Les mêmes constats conduisent à des Itt différentes. Il y a de la complaisance quelque part. Même si les faits sont constants, nous vous demandons de les ramener à leur juste proportion. On est dans l’exagération au niveau des poursuites et des demandes de partie civile. Aucun justificatif pour les montants dépensés. Il faut être sérieux. On vient ici demander des montants astronomiques.»
L’affaire a été mise en délibéré jusqu’au 15 novembre 2018.

msakine@lequotidien.sn

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