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En dépit de l’existence de textes de lois, la gestion durable des ressources naturelles, et du foncier en particulier, demeure une problématique cruciale pour la plupart des communes du Séné­gal. Parmi elles figurent celles situées dans le triangle Dakar-Mbour-Thiès, où les grands projets de l’Etat sont mis en œuvre, augmentant la pression sur les ressources naturelles, plus précisément sur le foncier avec l’installation de promoteurs immobiliers, de parcs automobiles, de pôles économiques, industriels… Dans cette zone où les populations ne vivent pres­que que de l’agriculture, les exploitations familiales déjà impactées par la croissance démographique et le changement climatique perdent progressivement leur patrimoine foncier. C’est ce qui ressort de l’atelier national sur le foncier et sur la décentralisation organisé avant-hier dans la commune de Diender dans le département de Thiès.
Une rencontre qui entre dans le cadre du projet «Sécurisation du patrimoine foncier des communes de Diender, Cayar, Keur Moussa, Yenne, Diass, Sindia et Popenguine Ndayanne». Lequel projet, porté par Enda Pronat, Acces et Fapd, avec l’appui de Heks-Eper, a permis aux populations desdites communes de participer activement au processus de réforme foncière par des ateliers de recueil de propositions foncières, de sensibilisation sur les enjeux fonciers et de restitution du document de politique foncière nationale de la Commission nationale de la réforme foncière (Cnrf) et celui du Cadre de réflexion et d’action sur le foncier au Sénégal (Crafs), en collaboration avec des experts fonciers et des organisations de la société civile du pays. L’atelier visait, selon Marième Sow, coordonnatrice d’Enda Pronat, à informer les populations, les autorités locales, coutumières et religieuses sur l’état d’avancement de la réforme foncière et de l’Acte 3 de la décentralisation. Egalement de faire un plaidoyer pour la continuité de la démarche participative de la réforme pour une prise en compte des préoccupations des populations dans la prochaine législation foncière. Il y aussi le besoin «de rappeler à l’Etat que le document qu’il a reçu est un document de vision de politique foncière, mais que la législation reste encore». Pour dire, selon elle, qu’«il faut qu’il continue, mais de façon participative avec les populations, les juristes et toutes les couches qui sont concernées pour qu’on puisse avoir un document où tout le monde se retrouve. Il faut également une loi pour que le problème d’application ne se pose pas». Devant des parlementaires, des membres du Conseil économique, social et environnemental, du Hcct, des chefs de village, des coutumiers, des organisations de producteurs et d’éleveurs, des groupements de femmes et des associations de jeunes, la coordonnatrice d’Enda Pronat a lancé une alerte aux autorités pour la préservation du patrimoine foncier de la zone des Niayes car, fait-elle savoir, «tous les légumes que nous consommons et les fruits proviennent en partie de cette zone des Niayes, de Sangalkam jusqu’au Gandiol. Donc, cette zone-là est à préserver. Mais malheureusement, ce triangle est envahi de partout par l’urbanisation, mais également par des sociétés extractives comme Dangote, Ciment du Sahel, Gco, Kirène, mais également des multinationales qui s’installent partout». Selon toujours Mme Sow, «si on ne fait pas attention, on risque de transformer toute cette population qui vivait de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche en des ouvriers». Elle attire l’attention de l’Etat sur «cette urbanisation qui est en train d’avancer. Mais elle veut aussi aider à finaliser la réforme foncière qui va aider à aller vers une démarche qui sécurise les populations et les investisseurs qui veulent s’installer».
nfniang@lequotidien.sn

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