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Le Point d’accueil pour les réfugiés et immigrés (Pari) et l’Ong italienne pour le développement, Vis, ont tenu au centre socio-éducatif Don Bosco de Nord-Foire un atelier de réflexion et de partage sur la  problématique migratoire au Sénégal. Question : l’Etat veut-il vraiment garder ces jeunes chez eux ?

Dans les pays d’Afrique subsaharienne, le phénomène migratoire s’amplifie d’année en année au point que certains s’interrogent sur les motivations des jeunes qui sont même prêts à braver la mer. L’atelier de réflexion et de partage sur la migration, tenu au centre socio-éducatif Don Bosco de Nord-Foire, à l’initiative du Point d’accueil pour les réfugiés et immigrés (Pari) de Caritas Dakar, l’Ong italienne pour le développement, Vis, et ledit centre de formation, a été l’occasion de poser le débat sur cette question de migration, surtout celle dite irrégulière et qui affecte les jeunes. «Il y aura toujours des gens qui vont partir tant que ces jeunes vivront dans des conditions difficiles et extrêmes», note l’un des participants. Pour lui, la misère explique tout. L’absence d’une véritable politique d’insertion professionnelle est également une cause à ne pas écarter, selon d’autres qui reprochent à l’Etat de ne rien faire pour retenir ces jeunes chez eux. «Est-ce que d’ailleurs l’Etat sénégalais veut garder ces jeunes ?», s’interrogent-ils. «Vous avez entendu ce que la direction générale des Sénégalais de l’extérieur  a dit. Les émigrés ramènent chaque an près de 1 000 milliards de F Cfa. C’est énorme», constate Paola Schinelli de l’Ong italienne Vis. Elle qui travaille sur la thématique migratoire depuis quelques années est au Sénégal depuis quelques mois et s’interroge sur la réelle volonté de l’Etat de mettre un terme aux flux migratoires. «Est-ce que l’Etat travaille et fait en sorte que les jeunes restent chez eux ? Je ne sais pas si l’Etat a vraiment envie de garder ses jeunes ici. Peut-être pour l’Etat, il est mieux que ces jeunes partent pour ramener de l’argent.» Et, poursuit-elle à propos de l’Anpej, l’organe qui s’occupe de l’emploi des jeunes, «l’Anpej marche, mais pas beaucoup. Est-ce qu’il y a de l’emploi ? Les jeunes sont formés, mais sans emploi ils partent», dit-elle. L’autre reproche fait à l’Etat concerne sa gestion des fonds alloués par les bailleurs, des politiques migratoires et le déficit de communication. Selon Aloïse Sarr, coordonateur de Pari Caritas Dakar, l’Etat gagnerait beaucoup à collaborer avec les Ong qui œuvrent sur ces questions migratoires pour juguler le problème.
En début de semaine, près de 170 Sénégalais ont été rapatriés de la Libye et racontaient leur triste mésaventure. Rien que pour le premier trimestre 2017, informe Mariama Cissé, coordonnatrice du Bureau d’accueil, d’orientation et de suivi des Sénégalais de l’extérieur (Baos), 1 000 personnes ont été reconduites chez elles. En 2016, le nombre de rapatriements des Sénégalais de Libye s’élevait à environ 1 500. Pourtant, ces chiffres, aussi gros soient-ils, ne dissuadent pas les candidats à l’émigration. Ils continuent de croire à l’eldorado et n’ont même plus peur de mourir. Représentant de Caritas Italie, Michaela Bambini impute la faute à l’Etat qui «se fiche royalement de la condition sociale des jeunes».
aly@lequotidien.sn

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