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Barthélemy Dias peut compter sur ses amis et partisans. En conférence de presse hier à la mairie de Mermoz-Sacré Cœur, ils ont appelé à la mobilisation au Palais de justice de Dakar où Dias-fils doit être jugé aujourd’hui.

L’arrestation de Barthélemy Dias relève de la «diversion» de la part de l’Etat après la condamnation de Khalifa Sall. C’est la conviction des partisans du maire de Mermoz- Sacré Cœur. Ses amis et soutiens appellent tout de même à une mobilisation générale aujourd’hui au Palais de justice de Dakar où il sera jugé en flagrant délit pour «outrage aux magistrats et appel à l’insurrection». Hier face à la presse à la mairie, les souteneurs de Dias-fils ont déclaré qu’ils assument tout ce que Barthélemy a dit. D’ailleurs d’après eux, le lieutenant de Khalifa Sall n’a pas été le premier à dire qu’au «Sénégal nous avons une justice aux ordres qui obéit à l’Exécutif». Ils ont cité le juge Ibrahima Hamidou Dème qui a récemment démissionné de la Magistrature après son départ du Conseil supérieur de la magistrature, mais aussi le président de l’Union des magistrats sénégalais, Souleymane Téliko.
Dans la même logique, les partisans du maire de Mermoz-Sacré Cœur sont revenus sur les raisons de l’arrestation de Barthélemy Dias. «Le droit n’a pas été dit, ou alors il a été dit, mais au nom d’un homme qui s’appelle Macky Sall qui a décidé du verdict qui devait être infligé à Khalifa Ababacar Sall. Un verdict inique parce que truffé d’incohérences. Alors, on a relâché Khalifa Sall de tous les faits qui pouvaient mettre à l’aise l’Etat : blanchiment d’argent, association de malfaiteurs, détournement de biens. Et on a maintenu des faits qui ne peuvent pas ne pas maintenir Khalifa Ababacar Sall en prison, des faits d’escroquerie, de faux et usage de faux. Et c’est cela que Barthélemy Dias a voulu dénoncer en montrant que la deuxième grande incohérence, c’est que vous ne pouvez pas dire d’un homme qu’il a détourné 1,8 milliard, mais que vous, en tant qu’Etat, que le juge a même débouté, vous ne demandez que 5 millions de réparation», a expliqué Youssouf Mbow, porte-parole du pool de communication pour la libération de Barthélemy Dias et de Khalifa Sall.
Dans son argumentaire, ce proche du maire de Dakar n’a pas manqué de tirer des enseignements de la situation politique actuelle. «Aujourd’hui plus que jamais, nous considérons que la démocratie n’est plus malmenée. Elle est menacée dans la mesure où, pour la première fois depuis 1960, on a un régime qui admet tout, sauf l’adversité. Nous avons un régime où on a un président de la République qui a décidé d’aller à des élections, mais sans avoir aucun adversaire. Et c’est cela qui, en réalité, constitue un danger pour la démocratie sénégalaise», assène M. Mbow.
msakine@lequotidien.sn

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