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Leur avenir est désormais entre les mains du président de la Chambre criminelle qui va donner son verdict lundi. En attendant, ils ont exprimé leurs regrets.

Ils retournent en prison en espérant une issue heureuse. Lors du dernier jour du procès sur le double meurtre de Médinatoul Salam, les accusés ont exprimé leurs regrets. Malgré le poids des accusations et le réquisitoire du Parquet, ils se nourrissent de certains espoirs en attendant le verdict prévu lundi. Cheikh Faye dit : «Vous avez osé nous juger. On a fait sept ans en prison. On est privé de tout. Je n’ai pas assisté à l’enterrement de ma mère. Je n’attends que la justice. Je reste sur mes propos.» Pape Ndiaye entonne : «Je remercie tout le monde. J’attendais ce jour. Je n’ai jamais été tenté par l’évasion. Je souffre d’une maladie. Ceux qui m’ont accusé ne m’ont pas vu. J’étais venu prendre l’argent du carburant. Depuis que j’ai eu vent de l’interdiction, je ne les (Bara et Ababacar) côtoyais plus.» Ablaye Diouf enchaîne : «Je m’excuse pour les échanges que nous avons eus la dernière fois. L’intention était pour moi de faire rejaillir la vérité. On attendait ce jour depuis sept ans et six jours. Le bon Dieu a fait qu’on soit là. On attend que justice soit rendue.» Serigne Khadim Seck, sur qui pèsent les travaux forcés à perpétuité, renchérit : «Je présente des excuses. Bara était avec moi, Ababacar m’était méconnu. Je dispersais la foule avec ces coups de feu en l’air. J’ai appris les écrits de Serigne Saliou.» Samba Ngom se blanchit : «Je ne suis au courant de rien et je n’étais pas sur les lieux au moment des événements. Je l’ai dit devant le juge d’instruction et la gendarmerie. On m’a confié une arme et je l’ai remise à un homme de confiance. J’ai de jeunes enfants à la maison et par mesure de sécurité, je l’ai confiée à cette personne.» Mame Balla Diouf retrace les évènements tragiques du 22 avril 2019 : «J’ai tout fait pour éviter la bagarre. La violence était telle qu’on ne savait plus qui est qui. En prison, nous avons mis à profit notre séjour pour effectuer beaucoup de travaux.» Demba Kébé est presque sorti du cadre solennel de l’évènement avant de se faire recadrer par le président du Tribunal : «Je porte la voix de l’ensemble des détenus du pays sur les longues détentions.» Mamadou Guèye insiste sur son innocence : «J’ai réitéré mes propos tenus lors de la reconstitution des faits et devant le juge d’instruction. Je ne fais pas partie de la bagarre.» Aziz Mbacké Ndour, itou : «Je ne suis pas coupable des faits. Serigne Béthio est blanc comme neige dans cette affaire. (Ndlr : il s‘est excusé après avoir été réprimandé par le président du Tribunal).» Aliou Diallo philosophe : «Je remercie le Bon Dieu. J’ai beaucoup appris en prison où je ne croyais jamais me retrouver un jour.» Al Demba Diallo raconte : «J’ai appris en prison malgré les difficultés.»

«Je demande pardon»
Momar Talla Diop admet des erreurs : «Nous avons été trahis par notre passion, on ne nous a pas dit de tuer.» Samba Fall se confond en excuses : «J’ai un petit regret, celui de n’avoir pas fait preuve de dépassement pour éviter la bagarre. Nous avons été des inconscients. Je ne nie rien. Les défunts sont sous terre et nous les retrouvons tôt ou tard. On doit s’excuser devant Cheikh Béthio à qui nous avons fait beaucoup de tort ainsi qu’à sa famille.» Mohamed Sène lâche : «Je demande pardon.» Adama Sow dit Doss a partagé son compagnonnage avec le guide des thiantacounes : «J’ai passé 22 ans auprès de Cheikh Béthio. Deux possibilités s’offrent à moi : je rentre chez moi ou je retourne en prison. J’aurais des remords si je mentais par rapport à ce que j’ai dit. Je m’excuse devant tout le monde.» Serigne Saliou Barro feint de tout ignorer : «Je ne suis au courant de rien. J’ai amené un fusil et on m’a frappé toute une nuit. Je prie pour les morts.» Aly Diouf pense aux familles des victimes : «Je compatis à la douleur des familles. Je demande pardon à tout le monde. Je crois au rétablissement de la vérité qui finira par triompher.» Mamadou dit Pape Hanne avance : «Les sept ans de prison relèvent de la volonté divine. Je n’ai commis aucun acte devant me conduire en prison. J’ai une pensée pour les morts et je rends hommage à l’une de mes épouses qui est restée avec moi. L’autre a divorcé parce qu’on lui a dit que je vais mourir en prison.»
Moussa Dièye conclut : «Je présente mes condoléances aux parents des victimes et je souhaite le paradis pour les défunts. J’ai foi en la justice de mon pays.» La messe est ainsi dite.

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