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Le crime commis par la dame Mbayang Diop en Arabie Saoudite n’a pas rendu service au convoyeur Mamadou Mactar Fall. Cette affaire, qui a fait les choux gras de la presse, a conduit à l’interpellation du prévenu suite à une dénonciation. Poursuivis pour association de malfaiteurs, transport des personnes pour un travail forcé assimilé à de l’esclavage et escroquerie, les prévenus encourent 10 ans de prison.

Les nuages s’amoncellent au-dessus des têtes de Mamadou Mactar Fall et Alioune Diop. Les prévenus, qui comparaissaient hier devant le Tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs, transport des personnes pour un travail forcé assimilé à de l’esclavage et escroquerie contre le premier nommé, risquent 10 ans de prison ferme. Selon le représentant du ministère public, ils ont usé de la fraude  et de la tromperie pour abuser les parties civiles en faisant un mensonge sur la nature du travail et la nature du contrat qu’ils les ont fait signer pour se rendre en Arabie Saoudite. En fait, tout est parti d’une correspondance de Khalifa Ndiaye adressée  au ministère  de l’Intérieur le 22 mai dernier 2016. Il faisait état d’un vaste réseau de transport des  personnes vers l’Arabie Saoudite.
Suite à cette information, le ministère de l’Intérieur a confié l’enquête à la Division des investigations criminelles. Laquelle a permis de découvrir un vaste réseau de transport des jeunes sénégalais, âgés entre 18 et 35 ans moyennant de fortes sommes d’argent vers l’Arabie Saoudite.
Interpellé par les enquêteurs sur ses allégations, Khalifa Ndiaye a donné l’exemple de ses deux cousines. Ces dernières lui ont fait part des difficiles conditions de vie qu’elles vivent en Arabie Saoudite. Elles lui ont même demandé de déconseiller aux parents d’envoyer leurs enfants dans ce pays.
Entendu à son tour, Bara Sèye, qui a porté plainte, confiait aux enquêteurs que sa fille adoptive, Khady Konaré, fait aussi partie de ce voyage. Et malgré un contrat de travail en qualité de restauratrice qu’elle avait signé, elle a été engagée une fois en Arabie Saoudite comme domestique dans une grande maison. Selon toujours les confidences du plaignant, qui n’a rien réclamé, sa fille adoptive travaillait à des heures qui dépassent largement la norme. Elle se levait tôt le matin pour arrêter son travail tard dans la nuit. Il confiait aussi que le passeport de Khady Konaré a été confisqué par son employeur dès son arrivée. C’est pourquoi, à la fin de son contrat, qui a duré 2 ans, elle a manifesté son désir de revenir. Mais, Mamadou Mactar Fall lui a réclamé la somme de 1 million de francs, dit-il. Modou Thiaw, entendu dans le cadre de l’enquête,  a déclaré avoir remis au prévenu, la somme de 200 000 francs en guise d’acompte de la somme de 450 000 francs qui lui a été réclamée.
La dame Ami Dramé dit aussi avoir versé un acompte de 300 000 francs.  Ndèye Fatou Thiam, qui voulait revenir au bercail, dit que le prévenu lui a réclamé la somme d’un million 500 mille francs. Et c’est finalement son frère établi en Europe qui lui a envoyé ladite somme.

Mandat d’arrêt décerné contre les prévenus
D’ailleurs, c’est grâce à l’appât du gain que le prévenu  est tombé dans le piège de la police. En fait, les limiers ont demandé à Bara Sèye de ne pas lui remettre l’argent en leur absence. Ignorant le piège qui lui a été tendu, Mamadou M. Fall a mordu à l’hameçon.  Arrêté, une perquisition de son Gie a été faite.  La police a trouvé sur les lieux, 59 passeports déjà traités, 129 non traités et 60 en instance d’être traités.
Devant la barre, le prévenu n’a pas nié les faits. Mais, il prétend avoir agi sur la base de contrats fiables signés avec des Saou­diens. Il se targue même d’avoir fait voyager 54 personnes.
Les faits sont graves, car ce sont des personnes qui ont été vendues aux saoudiens, a dit le procureur. Ils sont commis de concert avec Aliou Diop dont la charge est de trouver les clients, remarque-t-il. Mais à l’en croire, le prévenu tente de donner une once de légalité en soutenant être allé au ministère du Travail pour faire viser les contrats. Estimant que leur culpabilité est établie, il a requis 10 ans dont 5 ans ferme pour le délit de la traite, 3 ans pour celui d’association de malfaiteurs et 3 ans ferme contre Malick Fall pour le chef d’escroquerie en demandant la confusion des peines.
Le ministère public a aussi demandé de décerner un mandat de dépôt contre le prévenu, qui a comparu libre et un mandat d’arrêt contre Aliou Diop absent à la barre.
Me Mbengue trouve que les conséquences des infractions jurent d’avec les faits.  La dame Séné Mbaye dit qu’il n’y a pas de sévices mais ce sont les conditions de travail qui sont difficiles. D’autres parties civiles comme Mame Adjiguène Sakho, Madeleine Adiouma Faye ont déclaré être revenues au Sénégal facilement. Et d’autres comme Penda Ndiaye, Khady Ndiaye, Khady Diop entre autres ont soutenu avoir bénéficié de l’aide de Mactar Fall, a-t-il souligné en précisant que si ces personnes étaient vendues, elles ne seraient pas revenues au bercail. «Il y a partout de mauvais emplo­yeurs», a ajouté Me Massokhna Kane selon qui, aucun des faits reprochés à son client n’est établi. La défense a plaidé la relaxe pure et simple en attendant la décision qui sera rendue le 6 juillet prochain.

justin@lequotidien.sn

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