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Mohamed Lamine Mballo déclare être piégé par des Maures. Selon ses déclarations à la barre, ils sont venus le chercher en Mauritanie avec trois autres personnes (un Malien et deux Burkinabè), où ils étaient pour enseigner le Coran. Ils leur ont fait croire qu’ils venaient de la part d’un certain Moussa Mbaye. «Et comme nous excellions dans l’apprentissage du Coran, ils ont dit qu’ils pouvaient nous amener en Egypte pour parfaire notre connaissance islamique», dit-il. L’accusé dit être incapable de retracer l’itinéraire de leur voyage. «Ils nous ont donné des sandwichs. Après les avoir mangés, nous nous sommes endormis. C’est au réveil que nous nous sommes retrouvés au Nigeria», raconte-t-il. Pourtant, à l’enquête, Mballo avait dit que Moussa Mbaye l’avait invité à aller faire le jihad. Hier, il a nié avoir fait de telles déclarations.
A l’en croire, il a été kidnappé et conduit au Nigeria contre son gré : «J’ai demandé à Moussa où est-ce que nous étions. Il m’a répondu que nous étions au Nigeria, à Ibadan. C’est ainsi que je lui ai rappelé qu’ils nous avaient promis d’aller en Egypte pour parfaire notre connaissance islamique et non au Nigeria. Mais il m’a dit que nous devions d’abord faire des épreuves physiques avant de poursuivre nos études. Quand j’ai refusé de les faire, ils nous ont tabassés et amenés à Sambissa. C’est là-bas que j’ai retrouvé Moussa Mbaye.»
A la question de savoir pourquoi il porte le surnom Abou Zirkif, il dit tout son étonnement. «J’étais étonné devant le juge d’instruction quand il m’a dit qu’on m’appelle ainsi», répond-il. Mais quand Mohamed Lamine Mballo a manifesté à Moussa Mbaye son intention de rentrer, ce dernier lui a fait comprendre que si les membres de Boko haram venaient à l’apprendre, ils ne le laisseront pas rentrer. Toutefois, il lui a promis d’user de son entregent pour le sortir de ce bourbier. «Quelques jours après, ils nous a laissés rentrer. J’étais avec Abdoulaye Cissé et un Malien. Sur le chemin du retour que nous faisions à pied, nous avons été arrêtés par des hommes de tenue qui nous ont fait subir des sévices. D’ailleurs, c’est suite aux tortures que le Malien a perdu ensuite la vie», informe l’accusé.
Il prétend aussi que les gendarmes lui ont prêté certains propos. Mais le procureur lui rappelle qu’il avait déclaré aussi à l’enquête qu’ils s’étaient convenus de créer une base jihadiste à Kédougou, où il y a beaucoup d’arbres, et près d’un cours d’eau. Toujours dans la défensive, Mohamed Lamine Mballo nie avoir tenu de tels propos. Pourtant, son grand frère, Cheikh Tidiane Mballo, entendu dans le cadre de l’enquête, avait dit que l’accusé lui avait parlé de son projet de rejoindre la secte des jihadistes. Il l’en avait dissuadé, dit-il, ajoutant qu’il croit que Mohamed est jihadiste, mais qu’il s’est repenti. Mohamed Lamine Mballo est même dans les dispositions d’être confronté à son frère pour apporter la lumière sur de telles allégations.
Pour son avocat, Me Gningue, son client est victime de sa famille, de son instruction judiciaire qui devait assurer sa protection, car il est allé en Mauritanie à l’âge de 14 ans.
justin@lequotidien.sn

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