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L’homme politique qui, en 2011, fanfaronnait sur ses talents de tireur et sa capacité à se défendre, soutient aujourd’hui, à son procès, n’avoir tiré sur personne. Barthélemy Dias assure n’avoir fait que des tirs de sommation, en tirant en l’air. Et donc, n’être ni de près ni de loin, lié à la mort du nervi Ndiaga Diouf.

Le maire de Mermoz-Sacré Cœur a varié hier dans sa position sur l’affaire Ndiaga Diouf. Au lieu de reconnaître le meurtre de ce nervis, en 2011, Barthélemy Dias, jugé hier en audience spéciale, a carrément nié hier à la barre du Tribunal correctionnel de Dakar avoir tué qui que ce soit. «Je n’ai pas tué Ndiaga Diouf. J’ai fait des tirs de sommation sans viser personne», a déclaré le député-maire socialiste. Et pour mieux se justifier, le maire de Mermoz-Sacré Cœur indique avoir procédé à ces tirs «pour disperser les assaillants qui avaient commencé à bloquer les issues menant à la mairie». Poursuivant, Dias-fils indiquera que «la scène était infiltrée, parce qu’il y avait des gens qui tiraient sur la foule». Tout un discours qui rame à contre-courant de ce qu’il clamait à l’époque des faits. Puisque le responsable socialiste déclarait en son temps par téléphone sur les radios et télés – au moment où l’opinion ignorait qu’il y avait eu mort d’homme – avoir tiré sur des assaillants et invitait la presse à se rendre dans les hôpitaux pour retrouver les blessés par balles.
Interpellé sur un préjudice qu’il aurait subi, le responsable socialiste répondra par l’affirmative. Il soutient avoir «fait l’objet d’une tentative d’assassinat», avoir aussi «fait usage d’un pistolet de 9  mm». «On ne m’a jamais montré l’arme qui a tué Ndiaga Diouf. Je viens d’entendre de la bouche du procureur que c’était un 38.  Je suis un homme politique particulier, mais je ne veux pas la guerre. Quand  la police est arrivée, les nervis étaient restés sur place. Le commissaire a fait deux aller-retour entre les camps», explique Dias-fils. Suffisant alors pour lui d’affirmer que «la balle qui a tué Ndiaga Diouf ne provenait pas de l’arme» qu’il détenait.
Interrogé à titre de témoin, Ablaye Faye, administrateur du Pds, fait savoir que «le Pds n’a jamais envoyé des nervis à la mairie de Mermoz-Sacré cœur». «Il n’y avait pas de militants du Pds à ce lieu, à l’exception de Abdoulaye Diène, qui faisait partie de la garde rapprochée du Président Abdoulaye Wa­de», a souligné M. Faye. Qui précisera : «Nous ne trouvions aucun intérêt à envoyer des nervis à la mairie de Mermoz. Même si le Pds avait subi, à l’époque, un traitement très méchant de la part du Parti socialiste (en référence aux années de braise du parti libéral sous le règne du Président Abdou Diouf)».
Ablaye Faye ajoutera même ne pas connaître les nervis qui comparaissaient devant le tribunal. Puisqu’il soutiendra les avoir connus «bien après l’élection présidentielle de 2012». «Ce ne sont pas des gens du Pds», a-t-il rétorqué à Me Aïssata Tall Sall, un des avocats de la défense, qui l’interpellait sur l’absence de sanctions à l’encontre de ces mis en cause par le Pds.
Pour justifier son absence de la Permanence du Pds, le jour des faits, M. Faye va déclarer s’être rendu au King Fahd Palace pour la mise en place des commissions en vue du congrès d’investiture de son candidat d’alors à la Présidentielle de 2012, Me Abdoulaye Wade.
Du côté des prévenus, considérés comme membres du Pds, le sieur Mbackyou Siby a déclaré qu’ils étaient «allés là-bas à cause des menaces de Bar­thé­lémy contre Me Abdoulaye Wade». Mais aussi «pour pousser Barthélémy Dias à se raviser, à faire la paix».
justin@lequotidien.sn

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