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A quelques heures de l’ouverture du procès Servier à Paris, la pneumologue à l’origine de l’affaire du Mediator dénonce la place que conserve le laboratoire au sein du monde médical.

Un procès hors norme s’ouvre aujourd’hui à Paris pour une durée de six mois, celui du Mediator, l’antidiabétique du laboratoire Servier. Il a largement été vendu comme coupe-faim et prescrit pendant plus de 30 ans à 5 millions de personnes en France.
Il est aussi à l’origine de graves atteintes des valves cardiaques. A la veille de l’ouverture de l’audience, Irène Frachon, pneumologue à l’origine de l’affaire en 2010, est l’invitée de Rtl.
Elle explique que ce procès est particulièrement important pour les nombreuses victimes et leurs proches. «Certaines personnes sont décédées désespérées de ne pas avoir connu ce moment historique, mais ce qui est clair, c’est que la peur a changé de camp.» Selon la pneumologue, l’ordonnance de renvoi des juges d’instruction est «l’autopsie d’un crime industriel», ce qu’a regretté le laboratoire qui estime que l’instruction a été menée «à charge».
Pour Mme Franchon, «un jugement exemplaire sera vital pour les victimes». Il mettrait fin à un sentiment d’impunité, et affirmerait que «la criminalité en col blanc est aussi punissable que n’importe quelle criminalité ordinaire».
Selon Irène Frachon, l’affaire du Mediator a permis de mettre au jour que la médecine n’était pas exempte de vénalité. «On a toujours eu une confiance un peu aveugle dans les médicaments, on n’imaginait pas qu’on puisse mettre en danger quelqu’un pour gagner de l’argent», poursuit celle qui plaide pour une plus forte mise en garde contre les conflits d’intérêt.
Elle reproche au monde médical de garder une image positive du laboratoire. «Servier continue à être reçu par des institutions prestigieuses, à nouer des partenariats avec les hôpitaux de Paris, avec l’Inserm. Il créé un centre de recherche dont le chantier a été inauguré par Cédric Villani (député de l’Essonne et candidat à la mairie de Paris, Ndlr) avec le soutien de Valérie Pécresse (présidente de la région Île-de-France, Ndlr)», pointe la scientifique.
rtl.fr

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