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Au Burkina Faso, depuis le 26 novembre dernier, le général Gilbert Diendéré, ex-chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré et cerveau présumé du coup d’Etat manqué de septembre 2015, est à la barre du Tribunal militaire de Ouagadougou. Les débats ont porté lundi dernier sur une pièce fournie par le général Gilbert Diendéré. Il s’agit d’une liste de personnes ainsi que leurs contacts ayant participé à une réunion au cours de laquelle il était prévu de résister au coup d’Etat. Pour cela, ces personnes, selon l’ex-chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré, avaient prévu de mettre en première ligne des enfants face aux armes de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle.
Selon le général Diendéré, cette pièce aurait pu aider le juge dans son enquête sur les tueries enregistrées durant le coup d’Etat manqué. Ses avocats qualifient les informations contenues dans cette pièce de «très graves».
«Cette liste-là fait cas de personnes qui auraient tenu des réunions au cours desquelles il aurait été clairement mentionné qu’il fallait faire des dégâts. Il fallait pousser le Rsp (Régiment de sécurité présidentielle, Ndlr) à la faute, quitte à utiliser des enfants comme boucliers. Pourquoi ne pas creuser pour savoir ce qui se passe ? Il ne suffit pas tout simplement de tout mettre sur le général Diendéré, pendant que certains seraient tapis dans l’ombre», a souligné maître Latif Dabo, l’un des avocats du général Gilbert Diendéré.
Le Parquet militaire a exigé la source du document, mais le général Diendéré a refusé catégoriquement de révéler ses sources. Les avocats des parties civiles ont alors demandé au Tribunal de rejeter cette liste, car au lieu de se défendre, l’ex-chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré accuse plutôt d’autres personnes, selon Maître Séra­phin Somé.
«Nous, nous estimons que ce document n’apporte absolument rien. D’abord, ce document, sur le plan formel, n’est pas du tout crédible. Libre au général de faire citer cette personne-là comme témoin. Elle va venir et elle va dire la vérité sur ce qu’elle sait», a estimé, pour sa part, Maître Séraphin Somé.
Le général Gilbert Diendéré n’a pas caché sa déception face à ce qu’il considère comme un refus du juge d’enquêter sur des faits dénoncés durant l’instruction de l’affaire du coup d’Etat manqué.
rfi.fr

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