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Cuno Tarfusser, le juge président, a répondu favorablement à la demande des avocats de la défense de reporter l’audience pour préparer leur réponse. L’un des conseils de Charles Blé Goudé, jugé avec l’ex-Président Gbagbo, a expliqué qu’il leur fallait du temps pour analyser notamment le mémoire de 1 100 pages rédigées en anglais par l’accusation. Une demande de report à laquelle s’est associée la défense de Laurent Gbagbo. L’audience se tiendra donc du 12 au 15 et du 19 au 20 novembre prochain.
Cette demande de suspension n’est pas une surprise : il se murmurait depuis lundi que la défense allait formuler une telle requête. Ce qui va aussi lui permettre de réétudier les deux journées d’audience de lundi et mardi. Deux journées au cours desquelles le substitut du procureur a tenté de démontrer que Laurent Gbagbo avait mis sur pied un plan concerté pour se maintenir au pouvoir et pour cibler systématiquement les civils pro-Ouattara, point sur lequel l’accusation est apparu fragile.

Intervention de la représentante légale des victimes
Avant cette annonce, la représentante légale des victimes est intervenue. Paolina Massidda a défendu la thèse de l’accusation, à une exception toutefois. Elle s’est dit en désaccord sur l’abandon de charges contre Charles Blé Goudé pour les crimes présumés commis à Abobo en mars 2011, à savoir la répression d’une manifestation de femmes et le bombardement d’un marché.
«Monsieur Blé Goudé a établi et organisé une structure qui permettait l’exécution d’un plan commun et qui a permis de commettre des crimes les 3 et 17 mars 2011», a estimé la représentante légale des victimes. «En s’assurant de l’allégeance de la jeunesse et en les galvanisant, en agissant en tant qu’intermédiaire essentiel entre la jeunesse et monsieur Gbagbo, en diffusant des instructions par diverses voies», a énuméré Paolina Massidda, l’ancien ministre de Laurent Gbagbo s’est bien rendu coupable, selon elle, des crimes reprochés.

«Les victimes ont confiance»
La représentante légale des victimes a conclu en appelant à la poursuite de ce procès alors que la défense demande l’acquittement, avant même d’avoir présenté ses témoins : «Les victimes participant à ce procès se sont souvent plaintes du fait qu’elles avaient été abandonnées par le gouvernement ivoirien, et que la procédure judiciaire entreprise en Côte d’Ivoire contre les auteurs allégués des crimes dont ils ont souffert pendant la crise postélectorale n’ont pas eu comme conséquence la vérité ou la justice. Ils ont maintenant l’impression qu’ils pourraient connaître le même sort devant cette Cour. Les victimes font confiance en l’aptitude de la Cour à rendre justice. Toutefois, si ce procès ne se poursuit pas, une fois de plus les victimes seront abandonnées. Une fois de plus, elles se sentiront trahies.»
A ses yeux, arrêter à la procédure actuelle reviendrait à «mettre un terme au seul effort crédible permettant de faire en sorte que justice soit rendue aux victimes de la crise postélectorale». Des victimes qui, insiste-t-elle, «ont été ciblées soient parce qu’elles étaient des sympathisants véritables de monsieur Ouattara, soit perçues comme l’étant».
«Les victimes», affirme Paolina Massida, souhaitent que les deux accusés répondent «de toutes les accusations, dans l’intérêt de la justice». Agir autrement serait, conclut-elle, «véritablement priver ces victimes d’un accès effectif et efficace à la justice». L’accusation a, de son côté, achevé ce matin de présenter ses arguments.
Rfi

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