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L’étudiant Alpha Diallo se voit blanc comme neige dans cette affaire de terrorisme supposé. D’après lui, même les policiers qui l’ont arrêté ont attesté de son innocence, mais ce sont les autorités de son pays qui ont réclamé sa tête, accuse-t-il.

L’accusé Alpha Diallo a fait dans la dénégation systématique hier devant la barre de la Chambre criminelle. «Je n’ai jamais parlé de jihad avec quelqu’un et je ne suis membre d’aucun mouvement politique ni syndical», a déclaré l’étudiant qui dispensait parallèlement des cours de maths et d’anglais en Mauritanie. A l’en croire, ses études et toutes ses discussions portent sur les études qui l’intéressaient. Malheureusement, on a coupé le fil de ses ambitions en l’arrêtant le 6 février 2016 chez Omar Keïta en Mauritanie. «Les policiers m’ont dit que je n’ai rien fait, mais ce sont les Sénégalais qui leur ont demandé de m’arrêter. A part ma pièce d’identité, ils n’ont trouvé sur moi que des parfums et des livres coraniques», informe-t-il.
Alpha Diallo était en Mauritanie, dit-il, pour approfondir ses études, acquérir plus de connaissances dans sa religion et travailler. «Je voulais faire des études en finances islamiques. J’avais réussi à un concours d’entrée dans une université de l’Arabie Saoudite, mais les frais d’inscription étaient très chers. J’ai également réussi au concours d’entrée dans un institut en Mauritanie. Je devais faire dans cet institut 4 ans avant de rejoindre le Qatar», souligne-t-il.
L’accusé soutient ne pas connaître Mouhamed Ndiaye. Il l’a vu la première fois au Sénégal et ils n’avaient pas sympathisé. Par contre, il connaît Makhtar Diokhané. C’est Salif Fadiga qui l’a mis en rapport avec ce dernier. «C’était lors d’une cérémonie familiale. J’avais fini un livre sur la rhétorique. Je voulais réviser ce livre, c’est sur ces entrefaites que Salif m’a mis en rapport avec Makhtar Dio­khané. On a eu à échanger en grammaire arabe. On ne parlait que de la connaissance. C’est ce qui m’intéressait. On n’a jamais parlé de jihad», se défend-il, avant d’ajouter : «Quant à Moustapha Diop, je l’ai vu deux fois. La première, c’était au daara du Dr Ahmed Lô. Et la seconde fois, à l’occasion d’un séminaire en 2010. Toutefois, il ne savait pas qu’il était en Libye.»
Pour ce qui concerne ses relations avec Decoll Ndiaye et Omar Keïta, Diallo fait savoir qu’ils assistaient aux cours qu’il dispensait. Et qu’il a vu une seule fois imam Alioune Ndao lors d’une conférence que ce dernier animait à Pikine. «Le thème portait sur la bataille de ‘‘Badr’’. On ne s’était même pas parlé», précise-t-il en soutenant qu’il n’a jamais eu l’intention d’aller rejoindre Boko haram.
justin@lequotidien.sn

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