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C’est pour apprendre le Coran et parler la langue arabe que Mamadou Moustapha Mbaye dit s’être rendu en Mauritanie. Selon lui, il n’a envie de tuer personne. Ce qu’il recherche, c’est de convaincre par la parole que par les poings.

«Je ne peux pas expliquer les faits parce que je n’en sais rien du tout», a répondu Mamadou Moustapha Mbaye au juge. Né en 1988 à Dakar, marié et père de 3 enfants, l’accusé explique les raisons de sa présence en Mauritanie. «Je suis allé en Mauritanie pour étudier le Coran et pour parler l’arabe parce que c’est près de chez moi et les gens disent aussi que ‘’le Coran est descendu en Arabie Saoudite, mais a été mémorisé en Mauritanie’’.» Pour réaliser ce rêve, Mamadou Moustapha Mbaye, en compagnie de sa femme et d’un de ses enfants, s’est rendu en Mauritanie pour, dit-il, tâter le pool. C’est ainsi qu’il est reparti en Suisse pour se préparer et revenir en Mauritanie pour ses études, car on peut y trouver des lieux pour étudier le Coran sans bourse délier. «Il y a plein de gens qui y vont pour étudier.»
A la question du juge de savoir s’il ne pouvait pas faire ces études au Sénégal, Mamadou Moustapha a indiqué qu’en Mauritanie les études sont gratuites. «On vous donne même à boire et à manger gratuitement», a-t-il ajouté. Ce qui n’est pas le cas au Sénégal où les études coraniques sont très chères. L’accusé dit n’être membre d’aucune association religieuse et n’avoir jamais parlé de jihad avec un de ses coaccusés. «Je n’ai jamais quitté la Mauritanie pour une quelconque destination», précise-t-il. Son jihad, indique-t-il à l’endroit du juge, c’est de s’occuper de sa femme et de ses enfants.
Mamadou Moustapha Mbaye déclare avoir connu certains coaccusés. Les seuls qu’il a connus en Mauritanie, ce sont Decoll Ndiaye, Mamadou Seck et Alpha Diallo, entre autres. De même, il dit n’avoir jamais assisté à une quelconque réunion à Rosso ou à Richard-Toll où les voyages vers le Nigeria ont été peaufinés. Il ne dispose que d’un champ à Bambilor où il fait de l’aviculture. Interpellé sur les organisations Al qaida et Daesh, il soutient que c’est sa curiosité pour mieux comprendre le jihad qui l’amène à se renseigner sur sa religion. «J’entends parler d’eux à la radio et la télé où on dit qu’ils veulent combattre pour l’installation de la Charia. Sur la forme, je comprends leur envie de vivre la Charia. Mais personnellement, je n’ai envie de tuer personne. Je veux convaincre par la parole que par les poings», rétorque-t-il au Parquet qui cherchait à savoir ce qu’il pense de ces organisations avant d’exprimer son envie de retourner en Suisse. Il s’est aussi plaint du fait qu’il soit privé depuis son arrestation de tout contact avec ses parents. «Depuis que je suis arrêté, je n’ai pas parlé ni à ma mère ni à mon père. On ne me le permet pas», s’est-il offusqué.
justin@lequotidien.sn

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