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Hier, le juge Demba Kandji a rejeté la requête de la défense portant sur un renvoi du procès en Appel de l’affaire de la caisse d’avance. Me Ciré Clédor Ly et ses confrères ont estimé que l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao est «indispensable» pour le déroulement du procès.

Le juge Demba Kandji n’a pas répondu favorablement à la demande de renvoi sollicitée par les avocats du maire de Dakar dans le procès en Appel de l’affaire de la caisse d’avance. Selon la défense, elle n’a été saisie que sur le jugement du 30 mars 2018 portant sur le fond du dossier alors que la procédure concerne à la fois le jugement rendu le 2 février portant sur les exceptions. Il s’agit, entre autres, des exceptions portant sur la violation de l’immunité parlementaire du député-maire, de la violation de la présence de l’avocat à l’enquête préliminaire comme le stipule l’article 5 du règlement de l’Uemoa, la détention arbitraire. «Il y a une carence manifeste de la part du Procureur général et Khalifa Sall ne doit pas payer les frais de ces turpitudes du Procureur général. Vous avez un calendrier, vous voulez en finir avec Khalifa Sall et nous ne nous laisserons pas faire», tonne Me Ousseynou Fall. Mais le juge d’Appel estime qu’il a été «régulièrement saisi» et que, par conséquent, les débats peuvent se poursuivre. Un avis partagé par le Procureur général.

«Je ne connais pas le dossier de la Cedeao…»
Pour Me Baboucar Cissé, avocat de l’Etat, il s’agit d’un «faux débat». «Cette demande de renvoi, dit-il, est une stratégie de la défense pour avoir l’arrêt de la Cour de justice de la Cedeao afin de le brandir et demander la libération immédiate de leur client.» Dans ladite décision, la juridiction communautaire dénonce la «violation» des droits de la défense, la «détention arbitraire» de Khalifa Sall et un «procès inéquitable» dans le dossier de la caisse d’avance. Et son collègue, Me Yérim Thiam, vient renforcer cet argument en indiquant que «le jugement du 2 février 2018 fait partie du dossier et les avocats de la défense l’avaient à l’esprit». Ce qui fait dire à l’agent judiciaire de l’Etat que la requête sur un renvoi doit être tout bonnement rejetée. «Elle n’est pas conforme en droit, donc pas fondée», souligne Antoine Diome. Pour la défense, l’arrêt de la Cedeao est «indispensable» pour la Cour. «Il s’impose à vous. Il y a un désir d’organiser un procès à grande vitesse. Nous ne sommes pas dans une course de vitesse. Nous voulons que la vérité sorte. Ne vous précipitez pas, sinon, ça sera suspect», a dit Me El Hadji Amadou Sall. Demba Kandji réplique : «Je ne connais pas le dossier de la Cedeao. Arrêtez de nous faire le procès du diable.»

«L’arrêt de la Cour de la Cedeao a une incidence sur
les décisions de la Cour d’appel»
Pourtant, la défense insiste sur le fait que le juge ne peut faire abstraction de cet arrêt, une pièce «essentielle» qui a «une incidence» sur les décisions que la Cour d’appel va prendre. Me Mamadou Konaté du Mali de se demander si «on va continuer la série de violation des droits des prévenus ?» Constitué pour la mairie de Dakar, Me Ousseynou Gaye a soutenu que leur partie civile n’a jamais reçu de citation. «Dirigez ! Khalifa ! Dirigez ! Gaïndé Ndiaye ! Gaindé Ndiaye!» C’est l’accueil triomphal qui a été réservé à Khalifa Ababacar Sall. Pendant une dizaine de minutes, les souteneurs du maire de la ville de Dakar, comme dans un meeting politique, ont chauffé la salle 4 du Palais de justice Lat Dior. Dans son grand boubou blanc coiffé d’un bonnet de la même couleur, l’édile de la capitale soulève la main en signe de victoire pour la forte mobilisation des militants et sympathisants. Le message du président Demba Kandji livré par un membre de la Cour sur le respect de la solennité de l’audience n’a rien changé de la ferveur de la foule.

msakine@lequotidien.sn

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