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Le Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (Grpc), dans le cadre de sa mission de recherche d’une paix définitive en Casamance, a investi ce lundi le département de Goudomp ; cette localité du Balantacounda très affectée par le conflit casamançais avec ses villages abandonnés où les populations manifestent aujourd’hui le besoin de revenir au bercail

Après le Pakao l’année dernière, le Grpc (Groupe de réflexion pour la paix en Casamance) composé d’une trentaine de personnalités et chargé d’exécuter une mission axée sur la recherche de la paix en Casamance était lundi à Goudomp, la capitale du Balantacounda. Une visite qui s’inscrit dans le cadre des tournées d’échanges et de sensibilisation engagées par l’équipe du Président Robert Sagna pour une mobilisation des populations par rapport à la recherche d’une paix définitive et durable en Casamance. Une démarche participative et inclusive qui entend donner toutes les chances  aux populations locales de matérialiser la paix. Et une initiative présidée par l’adjoint au préfet de Goudomp et qui a mobilisé à la mairie de Goudomp jeunes, femmes, notables, autorités religieuses, politiques et administratives qui ont à cet effet engagé des échanges dans le cadre du processus de paix  et de la recherche de solutions pour une paix définitive. «Nous sommes venus sentir la situation, l’évaluer, la partager avec les populations pour recueillir leurs souhaits et leurs recommandations ; et ce, afin de procéder à des analyses et de pouvoir procéder à notre niveau des réajustements», a indiqué Robert Sagna. Car pour le Président du Grpc, la rébellion casamançaise a causé beaucoup de torts et de dérangements aux populations du Balantacounda. Et la paix troublée depuis 1982 et qui a causé des dégâts humains, économiques et socioculturels tarde, selon lui, à se rétablir. «35 ans, c’est beaucoup», a-t-il lancé devant l’auditoire. Et dans son discours de présentation, Robert Sagna a en outre soutenu que la Casamance a subi ce conflit avec beaucoup de peine certes, mais avec beaucoup de courage et de détermination surtout dans le Balantacounda ; une zone où personne n’osait parler, n’osait, dit-il, poser le problème.

«Il n’y a pas lieu de se décourager»
Aujourd’hui, il s’agit d’œuvrer, poursuit-il, pour la matérialisation d’une paix définitive partout en Casamance. Seulement pour Robert Sagna, «la paix n’est pas un mot mais un comportement» comme disait, soutient-il, l’autre. Car étant d’avis qu’il faut vouloir cette paix, la vivre et la pratiquer. Et le processus de paix est aujourd’hui, croit-il savoir, dans une phase qui doit permettre d’activer le retour au bercail des populations déplacées au niveau du Balantacounda. «La guerre est venue de chez nous et c’est de chez nous que nous allons trouver les solutions ; et il n y a pas lieu de se décourager car c’est le temps de l’action», martèle-t-il.
Par rapport aux assurances du Grpc transmises aux populations locales, Robert Sagna face à la presse, estime qu’elles se limitent à celles déjà recueillies au sein du Mfdc ; à savoir la ferme volonté des combattants de déposer les armes, de renforcer leur unité, d’aller à des assises inter-Mfdc et enfin à des discussions avec l’Etat du Sénégal. Toutes choses qui expliquent, note-t-il, l’accalmie constatée sur le terrain. Et c’est dire, à ses yeux, que l’espoir est permis aujourd’hui avec notamment cette main tendue du Président Macky Sall saisie par le Mfdc. «Mais aller à la paix n’est pas l’affaire seule de l’Etat c’est pourquoi le Grpc s’active depuis dans cette dynamique», a-t-il indiqué.

Reconstruction des villages abandonnés et relance des
programmes économiques
Après avoir magnifié l’engagement de ces populations par rapport au processus de paix, Robert Sagna dit s’assigner comme devoir d’informer le président de la République, au-delà des questions de paix, sur la nécessité d’aider ces villages qui ont souffert de la guerre, de reconstruire les villages abandonnés et de relancer les programmes économiques dans le Balantacounda. Occasion pour lui d’encourager les jeunes à reprendre le chemin de l’agriculture dans cette zone de Goudomp jadis privilégiée en matière d’arboriculture notamment avec la culture de la banane aujourd’hui abandonnée. Quid de la mission du Grpc ? Robert Sagna estime que celle-ci est loin de toucher à sa fin. Et pour cause. «Même si nous ne sommes pas des négociateurs mais plutôt des facilitateurs, nous comptons aider le Mfdc à formuler un certain nombre de ses revendications et aider également le gouvernement à prendre en compte les préoccupations majeures du Mfdc pour faciliter les négociations», assène-t-il. Et Robert de poursuivre : «Il y a l’après guerre et c’est là même où le plus dur commence surtout avec les problèmes d’insertion et de réinsertion».
imane@lequotidien.sn

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