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La Coalition des organisations de la société civile du Sénégal organise un atelier régional avec des organisations de la société civile des pays francophones en Afrique. L’objectif de cette rencontre de trois jours est d’explorer les opportunités et de partager les apprentissages sur l’engagement de la société civile dans le processus du Mécanisme de financement mondial (Gff acronyme anglais), qui soutient l’initiative «Chaque femme, chaque enfant» dont le but est de mettre fin aux décès évitables et améliorer la santé des mères, nouveau-nés, enfants et adolescents d’ici à 2030.

Le Sénégal a présenté devant les représentants de la société civile des pays francophones, venus apprendre de son expérience, son dossier d’investissement, validé en juin par le nouveau Mécanisme de financement mondial (Gff). Ce dossier d’investissement, rappelle Maty Dia, coordonnatrice de la société civile sur le mécanisme de financement mondial au niveau global, est la première étape du processus du Gff. Il s’agit d’une stratégie nationale pour la santé de la femme, de l’enfant et de l’adolescent. Ce dossier d’investissement d’un coût global de 495 milliards de francs Cfa est principalement financé par le budget de l’Etat du Sénégal (33,9%) et 11,9% par la Banque mondiale. Sa mise en œuvre va incessamment commencer dans les régions prioritaires, Kaffrine, Kédougou, Sédhiou et Tambacounda où les indicateurs en termes de santé de la reproduction de la mère, de l’enfant et de l’adolescent sont très faibles comparés aux autres régions.
Mais ce qui est bien dans le processus de l’élaboration de ce dossier d’investissement, c’est que le Sénégal a impliqué la coalition de sa société civile. Cela est d’autant plus important que le modèle de partenariat du Gff reconnaît les rôles et contributions essentielles que les organisations de la société civile apportent. «La société civile possède des connaissances, une expertise et un accès unique à nombre de communautés qui peuvent et doivent être utilisés pour renforcer les processus et résultats du Gff», lit-on dans la note conceptuelle.
Et selon Safiétou Diop, présidente de la Coalition de la société civile sénégalaise sur le Gff, la coalition s’est préparée et la première étape était de mettre en synergie et créer à leur niveau une plateforme afin de comprendre quel est leur rôle et comment s’impliquer dans le processus. Ainsi en 2016, lors de la première rencontre organisée par le gouvernement, cette société civile avait été conviée. Depuis, souligne Mme Diop, l’Etat du Sénégal a compris qu’il a en face une société civile engagée, assez outillée qui nécessite qu’on lui prête une attention et c’est ce qui lui a valu son implication décisive dans le dossier, témoigne la présidente de la coalition de la société civile sur le Gff.
Les sociétés civiles des pays francophones présentes à cet atelier, qui pour la plupart viennent d’intégrer le Gff, vont à travers ces deux jours apprendre du Sénégal et des autres pays qui ont une expérience avec le Gff. Cela leur permettra de savoir comment se structurer en tant que société civile, au niveau national, comment s’impliquer dans la réalisation du dossier d’investissement qui est une mise en œuvre d’une stratégie de réduction de la mortalité maternelle et infantile dans leur pays. «Nous avons là plusieurs pays représentés et qui sont à différents niveaux de mise en œuvre. Nous souhaitons ressortir ici avec une approche d’engagement et un plan d’action nationale pour que, une fois de retour aux pays respectifs, chacun puisse faire une restitution des acquis et un partage des outils auprès des plateformes des organisations de la société civile», indique Maty Dia.
Le Mécanisme de financement mondial a été mis en place à la suite du bilan des Omd. «On s’est rendu compte que beaucoup de pays n’avaient pas atteint les Omd», rappelle Safiétou Diop. Ce nouveau mécanisme met l’accent sur l’efficacité du financement, un financement intelligent, durable pour la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente et la nutrition. Aussi, renchérit Maty Dia, le Gff est une opportunité d’aligner le gouvernement, les bailleurs et les partenaires techniques et financiers tels que la Banque mondiale, l’Unicef, l’Unfpa. «Il casse les financements verticaux et fragmentés et permet d’aligner tout le monde derrière le dossier d’investissement», conclut-elle.
ndieng@lequotidien.sn

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