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Primé en 2002 au Hip-hop awards avec le titre «Sunugaal», portant le même nom que le groupe de rap dans lequel il évoluait, et désigné «meilleur clip» de l’année, Donald Boucal s’est rappelé aux bons souvenirs des moins jeunes lors de la 3e édition du festival «Reggae mangrove» où il a éclaboussé de son talent la manifestation durant la Journée internationale de la couche d’ozone.

Depuis la disparition du groupe de rap Sunugal, Donald Boucal s’est tourné vers la petite localité de Toubab Dialaw, sur la petite côte sénégalaise. Etabli depuis 2007 dans cette localité lébou où il est allé rejoindre des proches, le musicien est en train de se tailler sûrement, mais lentement une carrière en solo. «Je suis en train de poursuivre ma carrière en solo. Je me suis replié à Toubab Dialaw en 2007 pour mieux sauter.  Je ne dirai pas que je suis toujours dans le rap, mais que je suis dans la musique urbaine tout en gardant la philosophie rap», confie l’artiste que les mélomanes ont pu redécouvrir sous un nouveau jour à l’occasion du festival des Mangroves de Foundioungne. Aujourd’hui, l’ancien rappeur est devenu un touche-à-tout. «La musique urbaine est large, elle influence le reggae, le hip-hop, le rap, la musique électrique, l’afro-beat. J’ai réalisé l’album Kadag reggae avec le label Jary Dom avec Sunugal qui n’existe plus», confie le chanteur qui a commencé par la danse avant de s‘investir dans les arts créatifs. Ayant reçu une formation à l’Ecole des arts dans les années 95-96, Donald Boucal a eu à prendre part à une compilation dénommée Petit frère, produite par le label Sunu Flower. «Je rends hommage à Tonton Mac et Matar. Ce sont eux qui avaient produit Petit frère et la compilation avait connu un succès», se rappelle Donald Boucal qui, en tant que «rappeur en herbe», reprenait les quelques titres de Positive Black Soul (PBS) et de Suprême Grade.
Aujourd’hui, Donald Boucal n’a pas encore produit d’album, mais a participé à plusieurs projets musicaux. «J’ai fait des projets de workshow avec Aly Moulaye. J‘ai travaillé dans un projet sénégalo-américain de Massamba Diop et Tony Waker, de Eric Jordan et Tandrac Jawady aux Etats-Unis. J’ai fait pas mal de partage musical avec lui. J’ai réalisé un projet qui s’appelle Never say never, entendez ne jamais dire jamais, qui est sur une plateforme musicale réalisé par le label Charla Record basé en Afrique du Sud. C’est un projet de Senegal american project de Massamba Diop», liste le chanteur qui totalise plus d’une dizaine d’années dans le milieu du show-biz. Donald Boucal se tourne désormais vers les plateformes musicales qui l’ont aidé à se bâtir un succès «éclatant» au-delà de nos frontières, à en croire l’artiste. «Je peux dire pour l’instant al hamdoulalih et que les retombées financières arriveront après. Les plateformes musicales m’ont permis de me faire connaître en Amérique du sud, en Uruguay, en Argentine et au Mexique. Les gens sont en train d’apprécier à sa juste valeur ce que je suis en train de faire. Idem au nord des Etats-Unis et en Afrique du Sud où je suis bien coté.» Les raisons de ce succès, il faut les chercher, souligne Donald, dans l’utilisation de l’électronique. «Je propose de la musique électronique dans ces pays que je viens de vous citer. L’électronique, c’est une musique où on retrouve les sampling, de la mélodie. C’est donner plus de place aux Dj et l‘artiste met sa voix. Les Dj les plus célèbres utilisent la musique électronique pour communiquer avec leurs instruments», se glorifie l’artiste à la voix «mielleuse» avec un style qui «décape».

«Je suis Mancagne, je chante avec cette langue»
«Je suis Mancagne, je chante avec cette langue», martèle Donald Boucal qui souligne que c’est une langue qui a marqué l’histoire culturelle du Sénégal et qui pourtant est peu connue des Sénégalais. «C’est une langue à découvrir, c’est une langue qui est riche. Si vous vous souvenez, lors du premier Festival mondiale des arts nègres en 1996, il y avait une troupe qui s’appelait Peu Koumé (le tronc qui soutient la case) qui avait remporté quelques prix avec la représentation culturelle mancagne. La culture mancagne devrait être connue du grand public», justifie le chanteur qui se projette vers la sortie d’un premier album avant la fin d’année. Le jeune Boucal s’est abreuvé à la source de son père Augustin Boucar, musicien de son état. Ce dernier se produisait en Guinée Bissau et avait créé une association Peu Koumorel (Le bâton qui sous-tend la case) regroupant les acteurs culturels mancagnes.

Prochain album
Envisageant de mettre cette nouvelle production entre les mains des mélomanes en décembre prochain, Donald Boucal de souligner que cet album servira à retracer le commerce triangulaire symbolisé par la collaboration de trois Dj. «Je me suis engagé dans un projet en collaboration avec des Dj. L’un est Italien, un autre est Uruguayen et un Sénégalais. C’est un commerce triangulaire parce que ça prend la forme d’un triangle avec l’Amérique du Sud, l’Afrique de l’Ouest et l’Europe. Le commerce triangulaire va revenir culturellement, mais positivement. Pour l‘instant, c’est une production.» Ce nouvel album va s’appeler Rytmi et rumori, (Rythmes et sons, en italien). «C’est le son du sample, de la basse, du roots mélangé à  de la créativité avec les nouveaux logiciels, tourné typiquement vers la technologie», dit-il pour donner un avant-goût de ce qu’il réserve aux mélomanes.
Si sa carrière est en train de prendre du poids à l’international, son ami d’enfance Oumar Kadam y a joué un rôle considérable. Manager dans une grande firme en Suède qui fabrique des voitures, ce dernier lui ouvre des fenêtres sur le monde extérieur. «Je  le voie comme un manager conseiller, il bouge beaucoup», note l’artiste qui jette un regard sur le rap dont il continue de suivre l’évolution même s’il est hors de son cadre. «Le rap avance, chacun fait de son mieux. Dans l’ensemble, c’est une satisfaction parce que les rappeurs ont commencé à tirer profit de leur art en se construisant de belles maisons. Il y a une réussite sociale. Il faut comprendre que quand les choses évoluent, la donne change. Si tu te bats pour le bas Peuple, ce dernier te le revaudra. Ceux qui avaient défendu le bas Peuple, ce sont ceux aujourd’hui qui ont bénéficié du retour sur investissement du rap», souligne Donald Boucal.
ambodji@lequotidien.sn

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