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Sur un financement global de plus d’un milliard 423 millions, les Africains ont apporté les 20%, soit 285 millions 997 mille 252 francs Cfa. En visite hier à la maison de production Cinekap, le ministre ivoirien de la Culture et de la francophonie a salué la coopération qui a permis au Sénégal et à la Côte d’Ivoire de participer à la réalisation de l’œuvre de Mati Diop, «Atlantique», en sélection officielle au Festival de Cannes qui démarre dans quelques jours.

27 ans après Djibril Diop Mambety, le Sénégal montera cette année les marches du Festival de Cannes. Le film  Atlantique de Mati Diop, la nièce du défunt cinéaste, figure en effet sur la sélection officielle du plus prestigieux des festivals. Selon le producteur d’Atlan­tique, Oumar Sall, sur un budget de production de 2 millions 170 mille euros, soit un milliard 423 millions de francs Cfa, les Africains ont apporté les 20%, soit plus de 285 millions de francs Cfa. En participant au financement, le Sénégal inscrit ainsi son nom sur le film par le biais de la maison de production Cinekap. C’est le cas également de la Côte d’Ivoire dont le ministre de la Culture et de la francophonie s’est rendu hier à Cinekap. Une visite que M. Maurice Bandaman inscrit dans une fierté collective de voir le cinéma africain dans les plus grandes manifestations. «Nous avons accepté modestement et de façon symbolique de le soutenir. Ce n’est pas tant le montant, puisque nous avons des moyens très modestes, mais c’est le symbole et la volonté de travailler ensemble et d’agir de concert, de faire porter la voix de l’Afrique», indique le ministre ivoirien pour justifier le soutien apporté par son pays à cette production. «Les films produits par Oumar Sall et qui vont dans les plus grands festivals du monde montrent très bien qu’aujourd’hui le cinéma d’Afrique peut rivaliser avec tous les autres cinémas», poursuit-il en soulignant le rôle majeur que peut jouer la culture dans l’intégration africaine. «Nous avons des instruments dans la sous-région, mais c’est par la culture que nous devons pouvoir montrer notre volonté de vivre ensemble, cette identité commune que nous partageons.» Pour sa part, Abdoulaye Diop, le ministre sénégalais de la Culture et de la communication, s’est réjoui de cette fructueuse collaboration. Il a ainsi solennellement invité le ministre ivoirien à faire la montée des marchés aux côtés du Sénégal, «ensemble comme une Afrique unie».

Pour une industrie du cinéma
La tribune offerte par la présence des ministres sénégalais et ivoirien a été saisie par le producteur Oumar Sall pour appeler les Etats à œuvrer en faveur de la création d’une industrie cinématographique. Selon le producteur, au nombre des préalables à mettre en place figure la création de salles de cinéma. Selon M. Sall, le secteur cinématographique sénégalais est pourvoyeur d’emplois. Raison pour laquelle il est important que l’Etat joue son rôle de régulateur. Il appelle également à la signature d’accords de coproduction avec d’autres pays. Pour la Côte d’Ivoire, le ministre Bandaman s’est dit très favorable à donner un cadre légal à la coopération entre les deux pays. «Il faut taxer les géants du numérique, les sociétés de téléphonie. Il faut que ces gens contribuent au financement et au développement de notre culture», insiste M. Sall. Allant dans le même sens, M. Bandaman pose la question de la reconnaissance des techniciens également. «Comment faire en sorte que nos techniciens soient en position de chefs sur certains postes ? Tout ça, c’est dans les questions du financement et de la coproduction parce que, comme on dit, qui finance commande. Et sur nos propres idées, notre propre environnement, parce que notre présence sur le budget n’est pas significative, nos acteurs sont sous-payés et ce sont des choses que l’on doit pouvoir régler et je recommande aux directeurs de la Ciné­matographie de nous donner les instruments juridiques pour entamer des négociations avec nos partenaires du Centre national de la cinématographie de la France (Cnc)», plaide le ministre ivoirien.
mamewoury@lequotidien.sn

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